dimanche 21 mai 2017

Toujours en attendant de notre safran

21 Mai

Ça fait 12 jours que nous sommes coincés au Boat Yard et on ne sait pas si on pourra sortir d'ici la semaine prochaine! Il fait très chaud, peu de vent, des moustiques et de la poussière...Mais on garde le moral :-)

Dès la sortie de l'eau, mon capitaine s'est lancé corps et âme pour astiquer son bateau. Du matin au soir, il n'arrête pas, infatigable, comme le petit lapin des piles Energizer...  Lorsqu'il est occupé, il ne pense pas à manger. Il a encore maigri et flotte dans ses vêtements. Je dois lui apporter des collations régulièrement et lui faire penser de boire! Il fait toujours autour de 27-30 C, le soleil frappe. Je suis incapable de suivre sa cadence. Pour moi, il est plus facile de marcher et faire les courses. Je pars donc souvent en mission, pour aller acheté tout ce qu'il y a sur notre liste. Elle est longue et il est temps de partir car on dépense beaucoup! Notre budget est largement dépassé et ça nous coûte pas mal moins cher lorsqu'on navigue! Mais ce sont des dépenses essentielles et utiles. On fait des provisions de pièces de rechange, d'équipements, et de bouffes, de vins, pour les prochains mois, voire prochaines années!

Après avoir nettoyé (je dirais plutôt décapé!) le dessous de la coque, l'hélice, le bois du pont (ça c'est moi qui l'ai fait!), et la coque blanche, Stéphane s'est mis à polir à la main tout le bateau! Grosse job!
Il s'est aussi acharné sur chaque petite trace de rouille, autant sur la coque, le pont que le stainless.  Il a lavé et ensuite imperméabilisé le dodger et le bimini (notre devant et toit du cockpit en toile). Son bateau est impeccable et il en est très fier!

Il a ensuite fini d'installer le nouveau GPS à l'extérieur, et installer un nouveau à l'intérieur. Il a réussi à connecter l'AIS sur les 2 appareils, ce qui est un exploit en soit! Pour les non-connaisseurs, l'AIS est une fonction spéciale qui permet de reconnaître les autres navires, cargos et bateaux de plaisance directement sur notre GPS. On peut voir leur nom, leur cap, leur vitesse et les appeler directement si nous sommes en risque de collision! Fascinant les technologies!

Stéphane a réussi à "apprivoiser" sa bête noire: l'électricité! Il a été en mesure de finalement surpasser sa crainte et d'aller jouer dans ses fils pour refaire quelques connexions ou simplement les nettoyer et les libérer de la corrosion: l'eau salée et les fils électriques sont les pires ennemis et la hantise de tous les navigateurs! Je suis vraiment fière de lui car jamais je ne serais capable de faire tout ce qu'il fait! Il est tellement persévérant, patient, et déterminé à trouver des solutions! Ça m'épate à chaque fois.

Je l'ai convaincu de prendre 1/2 journée de congé le dimanche de la Fête des Mères pour aller se promener dans la ville. Nous avons marché dans les quelques rues piétonnières du quartier historique et on a même pu apprécié un petit band live dans un bar, en pleine après-midi, qui nous a fait voyagé dans l'univers cajun de la Louisiane ou du bon vieux rock américain.


La Fête des Mères fut particulière pour moi cette année... J'ai tout fait pour ne pas y penser mais mes proches ont, bien malgré eux, tout fait pour me remettre dans ma peine de la grande perte que je vis... Mon fils me manque terriblement et toute la journée, je passais des larmes aux rires, des rires aux larmes. J'imagine que c'est ça le processus de deuil... C'est difficile, je ne m'habitue pas à l'idée qu'il est parti pour toujours, mais je dois poursuivre mon chemin, avec seulement son souvenir... Heureusement que mon homme est toujours là pour accueillir ma peine, me consoler, et m'écouter. Je l'aime profondément!

Revenons à notre quotidien. Stéphane prend le temps que nous avons comme un grand luxe et en profite pour réparer tout ce qui cloche, ou pour améliorer plein de petites choses ou éléments de navigation. Pendant ce temps, je fais la cuisine, je nettoie tout le bois à l'intérieur, et je m'occupe des courses. J'ai fait des recherches et j'ai convaincu mon capitaine d'installer un "tangon de génois". Pour ceux qui ne connaissent pas cet équipement, c'est une longue pôle télescopique, qui s'accroche sur la voile de génois (voile avant) et qui tient la voile bien ouverte lorsque nous sommes au portant (vent arrière qui nous pousse vers notre direction). En mer, lorsque le vent est modéré ou faible, et que les vagues font valser le bateau, la voile se referme à l'occasion en donnant de grands coups. Le tangon empêche le génois de flacoter, et permet d'avancer plus vite. On connaissait l'utilité de cet équipement mais aucunement le matériel à se procurer compte tenu de notre bateau, comment l'installer et le fixer lorsqu'on ne l'utilise pas, ni comment s'en servir! On partait de loin. J'ai fait beaucoup d'appels auprès de fournisseurs, et de fabricants. J'ai cherché la meilleure solution possible et ensuite impliqué mon capitaine car c'est bien lui qui installera le tout au final... Nous avions aussi le défi de la disponibilité des pièces et du délai de livraison à St-Augustine. Finalement nous avons acheté d'un détaillant de Miami, un tangon télescopique en 3 parties de la compagnie Forespar. Il n'y a aucune solution unique et chaque voilier a ses particularités, c'est pourquoi nous ne pouvions avoir un guide standard pour l'installer et le fixer au mat. Comme il était difficile de discuter au téléphone pour figurer quelles pièces nous avions besoin, avec des termes anglais qu'on ne connaissait pas, j'ai donc suggéré de se rendre à Miami et de parler avec le vendeur directement. Nous pourrions clarifier les instructions d'installation, ramener plus rapidement le matériel pour avoir le temps de l'installer avant notre mise à l'eau, et nous pouvions profiter d'une petite escapade de 2 jours pour nous changer les idées et changer de décor. Mon idée était aussi de forcer mon homme à se reposer en quittant le bateau 2 jours, ce qui n'était pas un luxe à mon avis!

Notre court séjour à Miami fût autant agréable que productif. Il s'est avéré très utile de discuter avec le vendeur sur toutes les possibilités d'installer le tangon. Ensuite, nous avons été se promener dans South Beach. Une grande marche sur Ocean Drive nous a permis d'apprécier l'architecture art-déco des nombreux hotels restaurés, mais le bain de foule était particulièrement dépaysant! Je décrirais la faune de South Beach comme étant des jeunes qui veulent absolument être vus, sans quoi ils n'existent pas... Principalement noirs ou latinos, grossiers et vulgaires, en petites tenues sexy, sur des corps énormes et pas vraiment jolis... colorés, bigarrés, maquillés à outrance, écoutant de la musique à tue-tête en chantant, ou le nez collé sur leur cell à hurler au téléphone. Bref, c'était une expérience...

Nous avons quitté l'endroit pour aller souper ailleurs, près de notre hôtel, à regret car nous espérions souper sur une terrasse du quartier mais la musique était beaucoup trop forte (on se rend compte qu'on vieilli!).



Je vous reviendrai lorsqu'on sera finalement à l'eau, très bientôt j'espère!

mardi 9 mai 2017

St-Augustine, Floride

9 mai

Il nous a fallu attendre 5 jours à St-Augustine plus les 3 jours à Jacksonville pour finalement avoir une date de confirmée pour sortir le bateau. Ce sera aujourd’hui! Les dommages que l’ouragan Matthew a causé à l’automne font en sorte que tout le monde veut faire faire des réparations avant de sortir les bateaux pour l’été. La saison des ouragans arrive bientôt et on remise les bateaux de plaisance et les voiliers en masse. On commençait à s’inquiéter et à désespérer. On souhaite vivement mettre la mésaventure du safran dernière nous une fois pour toute. Nous avons même dû abandonner le projet de nettoyer et de repeindre la coque. Nous avons quand même profité du temps d’attente pour installer un nouveau GPS, une nouvelle toilette, changer des cordages, resserrer des joints, etc. Nous avons fait de nombreuses courses, à pied, à vélo, ou en taxi! Nous avons commandé des pièces pour être livrées au boat yard. Nous avons fait des recherches dans la ville, sur le web, pour trouver tout ce dont nous avons besoin comme pièces de rechange ou nouvel équipement qu’on avait pas encore eu le temps d’acquérir.
























Nous avons passé 6 jours au mooring de la marina municipale. Juste devant le vieux quartier et son fort. Nous avons été agréablement surtout par la beauté et la propreté de cette ville. Le quartier historique est reconnu des américains de partout et il y a beaucoup de touristes. Par conséquent, une belle infrastructure de parcs, restos, terrasses, boutiques, galeries d’art. Malheureusement nous étions trop en mode «to do list » pour en profiter à notre goût. Nous avons tout de même célébrer l’anniversaire de Jean-Denis au resto avec de nouvelles connaissances, Françoise et Michel du voilier Grands-Pas. Ce fut une très belle soirée et encore une fois, enrichissante et réconfortante.

St-Augustine est la plus vieille ville de la Floride, fondée par des Espagnols. On apprécie encore des vestiges de l’architecture hispanique, et des traces de guerres à travers leur histoire. Un ancien hôtel riche et sophistiqué a été modifié pour accueillir un collège. Ces jeunes étudiants sont très privilégiés de vivre dans ce si bel environnement. Nous étions en plein dans l’action, avec un point de vue sur la rive très agréable.  

Donc aujourd’hui, enfin la sortie de l’eau. Ils ont pris les mesures, étudié différentes options, et nous saurons demain quel sera le plan de match. Notre sleeve en bronze que nous avons attendu à Spanish Wells pendant près de 3 semaines ne servira même pas! On reste zen... 

Nous sommes donc perchés sur des poteaux, dans un champ où le soleil plombe, entourés d’autres bateaux. On ne peut pas se plaindre. Nous avons une pensée pour tous les navigateurs du Lac Champlain qui peine à pouvoir travailler sur leur bateau à cause du froid et du temps maussade, et incapable de mettre le bateau à l’eau parce que l’eau du Lac est trop haute… Nos pensées sont avec vous chers amis!  

Suite lorsque nous serons remis à l'eau!!!

Vers la Floride


26 avril

A partir du moment où la décision fût prise de sortir le bateau de l’eau aux États-Unis, mon capitaine souhaitait y arriver et faire le travail le plus rapidement possible. C’est donc avec Ambition et ambitions (!) que nous avons entrepris de longues journées en mer.  Nous avions la fenêtre météo idéale pour le faire, avec au moins 5 jours devant nous, annonçant des vents à 15-20kts max, venant du sud-est, qui nous porteraient plus facilement vers le Nord et surtout, qui étaient favorable pour traverser le Gulf Stream (courant fort qui longe la Floride du sud vers le nord).

Nous avons levé l’ancre de Spanish Wells par un belle journée ensoleillée et avons fait 24h de navigation. Nous avions pleines voiles au portant, et ce fût une très belle traversée jusqu’à Lucaya, près de Freeport, à Grand Bahamas Island. J’avais hâte de refaire une navigation de nuit et ce fût magique. Stéphane est toujours un peu plus inquiet que moi la nuit car on ne voit pas bien nos voiles, ni les vagues qui arrivent. Pour ma part, mes navigations de nuits avec Ambition et avec notre capitaine du convoyage m’ont permis d’avoir confiance aux réactions du bateau. Je n’ai pas peur, et cette navigation était plutôt agréable, avec des vagues confortables. La nuit le ciel est plein d’étoiles, sans aucune pollution lumineuse. L’eau est noire, avec des millions de petits points lumineux qui suivent la coque. Ce sont les planctons fluorescents qui émergent dans le remous que notre bateau fait en avançant. Nous avons croisé quelques cargos au loin mais sans plus. Ce fût une nuit qui a passé vite. Nous étions dans notre bulle, complètement déconnectés du reste du monde, et c’est un sentiment unique.


Arrivée le lendemain matin à Lucaya, nous avons dormi à peine quelques heures. Ensuite direction de Lake Worth, West Palm Beach, USA. Nous avions 16h à faire et comme on ne voulait pas arriver tard le soir, nous avons décidé de repartir vers 4hpm la journée même pour un atterrissage vers 8h le matin, en pleine clarté. (Oui on utilise ce terme, atterrissage, pour signifier la manœuvre et l’endroit prévu pour arriver à bon port) 
  
Nous avons eu une autre très belle nuit de navigation. C’est dommage que nous sommes incapable de dormir au début d’une nouvelle navigation. Nous avons dormi à peine 1h chacun mais la nuit s’est bien passée. Notre arrivée à Lake Worth a par contre été un peu chaotique.  On s’est un peu argumenté sur le choix d’ancrage… Nous savions l’endroit où atterrir mais nous n’avions pas suffisamment étudié les fonds en détail et on a failli touché le fond, dans un courant très fort… Encore une fois c’est l’expérience qui rentre. On fera nos devoirs plus attentivement la prochaine fois! En tout cas, notre  nouveau décor était vraiment différent de celui des Bahamas...


Aussitôt arrivés en sol américain, nous devions aller aux douanes (cruising permit et permis de séjour). Ça nous a pris la journée! après une nuit blanche! Leur système est tellement archaïque et surtout mal organisé! On doit d’abord appeler à un numéro national pour obtenir un numéro de probation avant de se rendre aux bureaux de douanes. Le problème est qu’il est impossible d’obtenir cette fichue ligne et de parler à quelqu’un! Nous n’avions pas de téléphone, et pas de données wifi américaines en plus… On s’est débrouillé à la marina la plus proche. Ensuite on doit trouver les bureaux de douanes, attendre en ligne, obtenir nos papiers, chercher une machine ATM car ça prend du cash qu’on n’a pas sur nous, et finalement revenir au bateau, complètement brulés. Nous avons eu une longue nuit de sommeil réparatrice et dès le lendemain, nous étions frais et dispo pour reprendre la mer. Direction St-Augustine, 200NM au Nord.

Nous avions choisi de ne pas prendre l’intercostal pour plusieurs raisons. On préfère de loin être à voile en mer plutôt qu’au moteur dans l’étroit canal. On savait qu’il y avait plusieurs hauts fonds et des risques d’échouer... nous avons une vrai hantise maintenant et vous savez pourquoi! De plus, on doit attendre plusieurs ponts à bascule pour nous permettre de passer, avec beaucoup de bateaux de plaisance qui reviennent vers le Nord après l’hiver. Bref ça nous tentait pas!

Encore une fois, des vents de 15-20kts venant du SE, parfait pour ouvrir le génois seulement et se laisser porter confortablement. La mer était relativement petite avec ses 5-6 pi de vagues (régulièrement, aux 30 min, ça montait à 8-10 pi) aux 6-8 secondes. Il faut croire que je m’habitue, car ces vaguelettes ne m’impressionnent plus! Mon corps commence aussi à s’amariner car, contre toutes attentes, je n’ai pas eu mal au cœur à aucune occasion au court des derniers jours! Youpi !!! Ça y est, suis-je devenue une vraie navigatrice? Il faudra me soumettre à des conditions plus corsées pour y répondre.

Nous avons droit à une spectacle incroyable d'une dizaine de dauphins qui nous ont accompagnés pendant près d'une heure. Ils s'amusaient à sauter devant nous, à passer sous la coque pour ressortir de plus belle à côté. On avait l'impression qu'ils voulaient communiquer avec nous. Une autre beau moment que nous garderons dans nos cœurs. C'est dommage que je peux télécharger les vidéos que j'ai prise.


29 Avril

200NM se fait approximativement en 36h. En partant ce matin, on devait arriver vers l’heure du souper demain soir, à la clarté, avec une marée favorable. Nous avions fait nos devoirs quand même! Mais non! Pas tout à fait…encore... Quelques heures avant notre arrivée, nous avons dû changer nos plans. En étudiant plus attentivement l’entrée par la mer à St-Augustine, en lisant les commentaires sur Active Captain, en discutant avec les autorités locales, en observant le vent qui forçait à des pointes de 25-28kts, on a dû décider de ne pas prendre cet inlet. Le seul endroit proche pour une entrée plus large et mieux pourvue d’aides à la navigation, était Jacksonville, 30NM plus loin. Nous devions donc arriver vers 21h, à la noirceur. On a fait ça comme des pros! La manœuvre de rentrer la voile à 28kts de vent, avec des vagues qui ont levées, était plutôt désagréable mais on y est arrivé sans problème. Ensuite de suivre chaque bouée lumineuse, fût plus facile qu’on l’anticipait. Merci à mes profs pour la lecture des cartes car je comprenais bien les aides à la navigation, Malgré la longue entrée dans le inlet, et de poursuivre sur la grande rivière St-John, en croisant un cargo immense qui nous a fait signe de dégager le centre du chenal (!), en identifiant notre route malgré tous les embranchements avec leurs bouées distinctes, nous avons trouvé l’endroit précis où il était mieux d’ancrer. Nous venions de passer à un autre niveau d’expérience et on était très fiers. Notre mouillage s’est avéré excellent, avec peu de houle, ni de courant, pour une bonne nuit de repos bien méritée.

1er Mai


La course contre la montre venait de commencer pour trouver un chantier maritime qui nous ferait le travail sur le safran dans des délais raisonnables. Après 3 jours à Jacksonville, nous avons réussi à faire une partie des achats de matériels pour le bateau, mais aucun succès pour qu’un chantier nous serve avant les 2 prochaines semaines. Nous n’avions pas pris de rv car nous préférions rencontrer les travailleurs avant de leur confier Ambition. Nous avions quelques références d’amis navigateurs mais pas à Jacksonville. On s’est donc résigné à redescendre au sud et d’aller à St-Augustine. D’une part nos amis JD et Louise de Néméa étaient là et on avait bien envie de les revoir. D’autre part, il semblait avoir plus de disponibilités selon les appels que nous avions faits. On s’est donc « tapé » l’intracostal pour 5h mais on doit l’admettre, la route fût beaucoup plus facile et agréable qu’on l’anticipait! 


mardi 25 avril 2017

Eleuthera

11 et 12 avril

Nous avons passé 2 jours à Governors Harbourg. Nos attentes étaient élevées puisque ça devait être une ville importante de la région. Finalement ça s’est avéré un petit village pauvre, avec pas grand-chose à offrir. Nous ne fréquentons pas particulièrement les restaurants et les terrasses, mais on aurait souhaité en voir et profiter d’une ambiance locale.  On a trouvé que des petits bouis-bouis servant du fast food graisseux, quelques petites boutiques cheap, et une épicerie. J’ai pu racheter des données sur ma carte SIM chez BTC (Batelco = Bahamas Telecommunication Company). Ce service est quand même bien organisé et lorsque ma carte SIM est remplie, les nombreuses antennes partout aux Bahamas me permettent de rester connectée avec mes proches, de prendre ma météo, et de lire La Presse + ! Quel luxe!




13 avril

Nous avons encore du 20 kts et + de vent mais on décide quand même de quitter la baie pour se rendre plus au sud, à Rock Sound. Nous y passerons 4 nuits. Le front froid demeure, les vents sont forts et on sent la fraicheur tomber dès que le soleil se couche. Nous serons ancrés devant la plage du village pendant tout le long weekend de Pâques. Les Bahamiens sont très religieux et à Rock Sound, ils célèbrent la fête de Pâques en grand. En plus des célébrations pascales avec bands live et animations sur la plage, il y avait un rassemblement de motocyclistes (bruyants!) pour tout le weekend… Nous avons entendu de la musique forte chaque soir, du jeudi au lundi de Pâques, jusqu’à tard dans la nuit! Rock Sound porte bien son nom!

Nous aurions souhaité aller faire un tour et se mêler aux locaux. Mais différentes raisons ont fait qu’on n’a pas pu le faire. C’est notre seul regret. Le soir, les vents étaient si forts, que partir en dinghy nous aurait trempé de la tête au pied avant d’arriver.  De plus, une des journées, nous étions pris dans un bardas épouvantable dans le bateau, après avoir découvert de l’eau stagnante (non-salée heureusement!) sous une coffre (complètement au fond, sous une planche de bois vissée, qui tient notre réservoir d’eau chaude et les connections de tuyauteries du bateau!). Toute la journée, nous avons vidé les cales, et les coffres pour chercher la source, resserrer chaque collet de chaque tuyau d’alimentation d’eau, nettoyer les résidus, et replacer le tout. Ça nous a pris 1 ½ journée! Un autre soir, c’est moi qui était triste et qui vivait mon deuil plus difficilement que d’autres jours... Bref nous n’avons pas pu profiter de l’opportunité d’y participer.

Nous avons quand même apprécié ce petit village isolé. L’approvisionnement était convenable, et nous avons pu faire du lavage dans un endroit propre (ce qui n’est pas toujours le cas aux Bahamas!). Le jour de Pâques, nous avons pris un lunch sur une terrasse avec 2 couples d’américains qui étaient ancrés dans la baie. C’est toujours intéressant de discuter avec d’autres navigateurs et de connaître leurs histoires. Des fois on se console en se comparant avec d’autres qui vivent le même mode de vie. Des fois nous envions ceux qui ont beaucoup d’expérience comparée à nous, et on apprend toujours, à chaque rencontre.

Nos impressions sur Eleuthera sont partagées. Cette longue île de 120 km de long est magnifique par sa nature riche et généreuse. La côte Ouest est façonnée par des falaises majestueuses qui donne sur le bank peu profond avec une eau turquoise et limpide. La côte Est donne sur l’Atlantique, une mer agitée d’un bleu profond, avec de longues plages désertes où des fortes vagues s’échouent. Il est facile d’ancrer dans le bank, et de marcher jusqu’à l’autre côté de l’Ile pour découvrir ces plages infinies. Le malheur c’est qu’elles ne sont pas entretenues et on y retrouve beaucoup de déchets de plastique jetés pas la mer… Eleuthera est beaucoup plus pauvre que les Exumas car moins de touristes y viennent. On voit des hôtels fermés, des restaurants et plusieurs maisons abandonnés, peu de population. Cette belle longue Île manque d’amour et c’est malheureux.

En fait tout le pays manque d’amour. Les Bahamiens se débrouillent tant bien que mal, à vivre, mais sont peu fortunés, et n’ont pas beaucoup de perspectives d’emploi. L’industrie de la pêche est concentrée dans l’Ile la plus riche, Spanish Wells. Et c’est des Bahamiens blancs d’origine Britanniques qui se sont mieux organisés et qui en profitent. A part les iles des Exumas où le tourisme apporte une plus grande richesse et donne du travail, il n’y a rien d’autre ailleurs pour enrichir ce si beau pays. Partout où on va, on voit de nombreuses maisons bric à brac ou carrément à moitié détruites, et des déchets, carcasses d’auto, détritus de matériels de toute sorte, qui jonchent partout.

Le manque d’argent fait que le gouvernement est en train de vendre ses iles, une par une, à des investisseurs ou des acheteurs privés. À part les touristes, ici aux Bahamas, on voit clairement des classes sociales distinctes. Il y a les riches américains qui ont une maison secondaire ici. Heureusement, ils font travailler des locaux. Il y a la classe moyenne blanche qu’on a vu à Spanish Wells ou quelques privilégiés noirs vivant à Nassau ou dans les villes principales. Et tout le reste de la population est pauvre, et est noire… Les Bahamiens d’origine sont noirs. Et plus récemment, plusieurs haïtiens ont immigrés ici pour tenter de se faire une meilleure vie. Malheureusement plusieurs d’entre eux sont illégaux, et n’arrivent pas à s’intégrer. Ils font les jobs peu valorisantes et peu payantes que personne ne veut.  

Les Bahamiens sont par contre accueillants et chaleureux. Ils nous envoient de beaux sourires à chaque occasion, n’hésitent pas à nous parler et nous aider si on a besoin, et jamais on s’est senti menacé ou peur de se faire voler. La coutume ici c’est que chacun salue l’autre en se croisant, dans la rue, dans la voiture, dans un commerce…On retourne le salue et c’est avec le grand sourire aux lèvres qu’on laisse l’autre derrière. Malgré la pauvreté, on les voit fiers le dimanche, s’en allant à la messe, avec leurs habits comme pour aller à un mariage. Les enfants sont aussi très bien habillés, avec leurs uniformes toujours propres et impeccables, pour se rendre à l’école. C’est leur environnement qui laisse à désirer malheureusement. Ils ne prennent pas soin de leurs maisons, parterres, rues et parcs. La nature est si belle mais ils n’en profitent que très peu. On ne les voit pas « jouer dehors », ni se baigner. Mais on voit les hommes se rassembler, discuter et boire un verre ensemble, avant de rentrer à la maison… Pour ça, ils sont nombreux aux intersections de rues ou de places improvisées.

18 Avril

Nous sommes revenus vers le Nord, d’abord dans Alabaster Bay, ensuite à Current Island pour 2 jours. On se rapproche de Spanish Wells car on a vraiment hâte de recevoir notre pièce pour le safran, l’installer et que toute cette histoire de safran soit dernière nous.

En pleine navigation, notre GPS a soudainement donné des signaux bizarres (messages d’erreurs) et s’est tout simplement éteint. Pour la première fois, nous devions naviguer sans notre Garmin à portée de main à la barre. Nous redoutions ce moment, qui arrive à tous les navigateurs un jour ou l’autre. On ne pensait pas que ça arrivait si vite. Une chance que j’aie mon Ipad, et que nous avions acheté toutes les cartes et le logiciel Blue Chart comme plan de contingence. Nous avons également les cartes papiers, et sommes en mesure de naviguer avec, mais beaucoup trop compliqué maintenant que nous sommes dépendants des dernières technologies! Après avoir discuté avec le fabricant, retélécharger la dernière mise à jour, fait les tests nécessaires, et vérifier toutes les connexions électriques, on doit se résoudre de devoir en acheter un autre, qui sera disponible seulement en sol américain. Donc à partir de maintenant, il faut absolument maintenir la tablette bien chargée, et naviguer avec son aide pour le reste de notre séjour aux Bahamas. Cette situation est très viable, mais nous fait dire que nous serions plus rassurés d’avoir aussi un plan C. Nous avons déjà toutes les cartes sur Open CPN dans les 2 ordinateurs mais on ne trouve pas ces cartes très conviviales et faciles à lire et à manipuler pour faire nos routes. Nous devons donc prévoir aussi l’achat d’un 2e Ipad…

21 Avril

Nous sommes de retour à Meeks Patch, tout près de Spanish Wells, en espérant que notre pièce est arrivée. Ça prend 2 jours pour Beneteau pour livrer aux USA, mais plus de 2 semaines pour que ça arrive aux Bahamas… Le mail boat (bateau de transport des marchandises) passe seulement le vendredi. Et on ne trouve pas notre pièce dans le lot… Faut attendre à lundi…

Entre temps, nous nous sommes déplacé à Royal Island, dans un endroit très protégé par des vents forts qui changent de direction. Nous attendions des vents de 30kts, qui passaient du SE- du Sud et du SW dans la même nuit. Nous avons eu droit à une nuit fort mouvementée. La pluie était très forte, mais c’était surtout les éclairs qui nous ont impressionnées! Pendant plusieurs heures, le ciel explosait de façon très menaçante. Nous étions entourés de fortes éclaires tropicales, sans arrêt, qui arrivaient de partout. J’avais l’impression d’avoir un stroboscope juste à côté de nous. Incapable de fermer l’œil, car la lumière vive entrait par les hublots comme une grosse lampe de poche projetée dans mon visage.

Le matin venu, en bon capitaine prévoyant qu’il est, Stéphane a vérifié tout le bateau pour prendre connaissance des entrées potentielles d’eau de pluie. Chaque coffre extérieur et intérieur a été vidé, inspecté, essuyé au besoin, et remis en place. On se rend compte que notre bimini (toit en toile recouvrant le cockpit) doit être à nouveau imperméabilisé car il n’est plus étanche. Heureusement le soleil est revenu et on doit faire sécher les vêtements mouillés, les coussins, les panneaux en plastique (full enclosure qui nous protègent dans le cockpit)… Grosse job. Mon homme travail sans arrêt, et sans se plaindre. Il est même satisfait du peu d’eau qui est entré et j’en suis fort soulagée. Pendant ce temps, je fais du bon pain, je m’affaire dans la cuisine, je lis et j’écris. Chacun ses responsabilités et ça nous convient parfaitement comme ça! 

25 Avril

Nous avons dû attendre à hier en fin de journée pour savoir si notre pièce était bien arrivée. Bonne nouvelle, c’est le cas. Maintenant comment l’installer. Après avoir discuté avec le fabricant Beneteau et nos assurances, il a été recommandé de sortir le bateau de l’eau pour faire un meilleur job. Comme ici à Spanish Wells ils ne sont équipés pour ça, il a été convenu qu’on ferait faire le travail en Floride. Mon capitaine est bien content de cette solution et on pourra en profiter pour faire d’autres travaux lors de la sortie de l’eau. Donc notre attente de presque 3 semaines a été vaine, car on prend la pièce avec nous aujourd’hui et on se dirige vers la Floride (qui aurait pu recevoir cette pièce depuis longtemps) mais bon, on a quand même bien profité d’Eleuthera! ON ne peut encore dire que la mésaventure du safran est dernière nous mais on voit la fin...

Nous sommes maintenant pressé par le temps car on souhaite se rendre aux Bermudes pour le début juin. Avec les navigations à faire pour s’y rendre, ainsi que les courses et les travaux à faire en sol américain, il ne nous reste pas beaucoup de marge de manœuvre. Nous sommes activement dans la préparation de nos traversées et notre tête est maintenant ailleurs qu’aux Bahamas. C’est donc sans aucun regret mais aussi avec une grande satisfaction d’avoir fait le tour qu’on quitte ce si beau pays pour de nouvelles découvertes.

On dit aujourd'hui adieu à Spanish Wells, qui restera toute notre vie dans notre cœur pour plusieurs raisons…  

mardi 11 avril 2017

En attente à Spanish Wells

11 Avril

Notre arrivée à Spanish Wells s’est bien passée. Nous avions évidement une petite crainte de refaire le passage étroit et peu profond où nous avions échoué le fameux 3 novembre. Nous avions fait nos devoirs (marées et courants) et nous avions plus d’expérience à « lire » les profondeurs juste en observant la couleur de l’eau et non de se fier uniquement au GPS. Ils avaient aussi mis enfin des bouées, ce qui n’était pas le cas lors de notre premier passage. Le GPS nous indique clairement de passer hors des bouées, par conséquent dans le 3-4 pi de profond! Avis aux navigateurs, ne pas se fier au GPS pour les profondeurs lorsqu’on doit passer dans un passage étroit! Il peut y avoir un décalage de 10-20 pi à côté de la track…

Au niveau des sentiments, revenir à Spanish Wells me faisait du bien. Je n’étais pas émotive à propos du deuil mais plutôt heureuse de retrouver un endroit connu. Je me sentais chez moi. A l’épicerie, j’ai croisé des gens que je connaissais et ils m’ont souhaité un bon retour sur l’ile. Au chantier maritime, des visages familiers. J’ai parlé à Theo, l’américain qui nous avait reçu chez lui et qui avait gentiment invité Stéphane à pêcher sur son bateau moteur. Tout le monde qui nous veut du bien et qui souhaite que tout se passe bien pour nous.

On a sorti le safran de l’eau, pour se rendre compte qu’heureusement, rien n’était brisé. Les bushings et le shaft étaient intacts, le conduit du bateau recevant la pièce aussi. Il nous fallait trouver la cause de l’écart d’un pouce entre les bushings et le conduit. Il y avait un jeu, ce qui faisait bouger le safran de gauche à droite d’1/2 pouce. On ne pouvait pas envisager rester comme ça très longtemps.  Après 2 jours de discussions avec le boat yard, le fabricant du safran, et nos assurances, on a enfin trouvé ce qui n’allait pas. Grâce au dévouement et au professionnalisme de Louis Gosselin d’Expertise Maritime engagé par April Marine à Montréal (nos assurances), il s’est rendu compte qu’il nous manquait un morceau! On devait avoir une sleeve en bronze qui se colle par-dessus la bushing inférieure, et qui comble le vide du ½ pouce. Cette pièce avait dû simplement tomber à l’eau lorsque le safran avait cassé et s’était détaché du bateau. Personne s’était rendu compte qu’il manquait cette pièce. Nous avons été plonger à l’endroit même où la pièce aurait pu tomber au fond de l’eau pour la retrouver, sans succès. Il y a du courant, beaucoup de vas et vient des bateaux qui font des remous, et l’eau n’est pas très clair dans le canal, alors c’était peine perdue.

Sachant donc qu’il nous fallait simplement cette pièce, la coller à l’endroit désignée, et remettre le safran en place, nous étions soulagés. Ce n’était maintenant seulement une question de temps d’attente. Mais nous pouvions remettre le safran tel quel et reprendre la navigation dans la région d’Éleuthera en attendant. Après 3 nuits au quai du chantier maritime, on avait surtout hâte de partir de là. Pas de vent au quai, du va et vient sans arrêt des bateaux qui passent juste à côté, des voiturettes de golf qui passent sur la rue juste devant notre étrave. Et d’aller reprendre la maison que nous avions habité pendant 2 mois n’était pas une option.

Nos amis Jean-Denis et Louise de Néméa ont eu la gentillesse de passer par Spanish Wells avant leur retour vers le Nord. Ils retournent à Québec, achevant leur année sabbatique. C’est avec un grand plaisir que nous avons partagé notre mahi-mahi avec eux et que nous avons passé une dernière soirée très agréable. Merci chers amis pour votre support, vos encouragements, et votre amitié!

Plans à court terme :

Nous avons donc décidé de découvrir la région d’Éleuthera. Notre premier arrêt fût très fructueux! A Current Island, nous avons pris pas moins de 11 langoustes! Le congélateur se rempli, avec les réserves de poissons que nous avons encore! Le lendemain, Stéphane m’a amené plonger à Basil Rock. C’est un rocher, en plein milieu du bank intérieur d’Éleuthera. Le fond de l’eau était riche en coraux, avec beaucoup de grands éventails mauves, et de nombreux poissons. Des poissons connus et des nouveaux qu’on n’avait jamais vus. Il était hors de question de chasser avec les harpons par contre, les nombreux barracudas qui nagent autour nous ont dissuadé…

Un autre front froid s’installe (ils sont particulièrement nombreux cette année) et nous aurons des vents forts du NE pour les prochains 4-5 jours. Nous avons ancré à Hatchet Bay pour 2 soirs. Petite baie bien protégée mais où l’eau pas particulièrement belle pour nager, et le village est désert. Aujourd’hui, on a repris la mer et filé (rapidement!) jusqu’à Governors Harbourg, plus au sud. Avec un vent de 20-22 kts, nous étions au prêt serré, 2 ris de pris sur la GV et 1 sur le génois, avec des vagues qui ont bien salé tout le bateau… Cette ville est l’ancienne capitale des Bahamas et semble plus peuplée, et surtout mieux organisée. On a hâte d’aller la découvrir.

Plans à moyen et long terme :

Après avoir laissé les filles à Georges Town, nous avions l’intention de faire la route Passages South (Thornless Path) qui nous menait vers le sud, jusqu’aux BVI. De là, notre intention était de faire une traversée BVI-Bermudes en juin et ensuite, faire la traversée Bermudes-Acores en juillet. Nous souhaitons toujours passer l’été aux Acores, et à l’automne descendre aux Iles Canaries, aller à Madère, Cap Vert, et retraverser l’Atlantique vers les Antilles pour l’hiver prochain.  C’est le grand tour de l’Atlantique qu’on rêve de faire depuis qu’on connait notre professeur Benoit Villeneuve et qui nous a donner l’envie de relever ce défi.

Nos plans de navigation pour les prochains mois ont changé. Comme je le disais précédemment, on ne peut diriger le vent, il faut ajuster nos voiles… Le retour au Nord des Bahamas, et l’attente de la pièce du safran, fait que nous n’avons plus de temps pour aller vers le Sud.  Nous sommes donc résignés à remettre la destination des Caraïbes pour l’an prochain. Nous allons demeurer aux Bahamas encore quelques semaines, il y a tant à découvrir encore! Et beaucoup de plongées et de pêches à faire encore! Au début mai, on traverse vers la Floride et on longera la côte jusqu’aux Caroline. La partie que nous n’avions pas fait à l’automne, trop pressés de se rendre aux Bahamas en partant de la Caroline du Nord en route directe! En prévoit se rendre aux Bermudes pour la fin mai-début juin. Toutefois, il n’y a rien de couler dans le béton. Nous avons appris qu’en navigation, les plans peuvent changer à tout moment. Il faut demeurer flexible, et surtout très humble par rapport aux événements qui nous arrivent!

Après mûre réflexion, j’ai décidé que je ne faisais pas la longue traversée Bermudes-Acores avec mon capitaine. Je ne contrôle pas encore la médication pour mon mal de mer. Et plus de 14 jours en mer d’affilés, je ne me sens pas encore prête pour faire partie de cette ligne majeure. Stéphane va relever ce défi avec son grand chum Jean-Pierre. Un ancien collègue de travail, qui a beaucoup d’expérience en navigation, et qui sera certainement un meilleur co-équipier que moi. Les deux hommes ont beaucoup de respect un envers l’autre, et ils s’entendent très bien. Nous sommes encore indécis si on souhaite avoir un 3e membre d’équipage ou pas. Il y a des avantages et des inconvénients de partir à 3 plutôt qu’à 2 et on réfléchi là-dessus.  Je profiterai de ce temps pour aller visiter mes filles et ma famille à Montréal pendant ce temps (juillet). Je m’engage aussi à router les hommes à distance. Avec mes cours de météo, et toutes les sources d’informations à ma disposition sur la NOAA et autres sites, je peux guider mon capitaine en communiquant 2x par jour des informations sur la météo et la route à prendre. Notre radio HF sert à parler avec différents réseaux de navigateurs, à écouter des bulletins météo, et à communiquer par courriels. Mon engagement de leur router à distance en complément, me permettra de me sentir impliquée dans cette épopée, et de me sentir utile.

En vue de ce beau défi, nos efforts à partir de maintenant sont de se préparer concrètement pour cette première grande traversée. On reliera nos livres, on devra refaire nos devoirs, pratiquer différents scénarios. On doit partager et améliorer nos compétences respectives. On doit aussi préparer le bateau. Notre passage en Floride nous permettra d’acquérir quelques équipements supplémentaires, dont des nouveaux cordages, une nouvelle toilette, etc. On réfléchi toujours à la pertinence d’ajouter un tangon de génois, une voile tempête, et tout l’équipement d’ancres flottantes avant et arrière… Pour les navigateurs qui lisent ce blog, vos commentaires seraient appréciés!  


Alors comme vous le constatez, nous avons repris notre envol vers de nouveaux défis, ainsi que notre enthousiasme à naviguer et découvrir de nouveaux horizons. L’expérience rentre graduellement, sachant qu’on ne voit pas le jour où nous pourrons dire que nous sommes des navigateurs aguerris… Nous aimons beaucoup notre nouveau mode de vie, et c’est toujours l’harmonie à bord. Je garde contact avec mes proches à Montréal grâce aux technologies et ça me permet de ne pas m’ennuyer d’eux. Malgré les moments de grandes peines en pensant à mon fils, j’entrevois l’avenir positivement sur Ambition 1!