lundi 13 novembre 2017

Traversée vers Cape Verde

4 Novembre

En laissant Martine, nous avons tout de suite pris la mer pour se rendre au  Cap Vert. Dernier groupement d’Iles avant une nouvelle Transatlantique vers les Caraïbes, laquelle cette fois ci j’y participerai. Nous avions une fenêtre météo favorable de partir sur le champ, sinon nous devions attendre 1 semaine car des vents puissants étaient attendus dans les Canaries d’ici 48h. Nous souhaitions avancer rapidement et sortir de cette dépression avant qu’elle nous rattrape. Le départ fût à 13h cette journée, quelques heures après que nos amis de Frimousse eussent quitté leur mouillage pour la même direction.

Nous avions eu le temps de faire plusieurs provisions pour le prochain mois, sachant qu’au Cap Vert, l’approvisionnement n’est pas aussi varié et de qualité qu’en Europe. J’ai pris le temps de préparer plusieurs repas faciles à servir en navigation, ce qui est toujours apprécié les premiers jours avant que l’amarinage s’installe ou quand ça brasse un peu. Nous étions à nouveau bien guidés par notre collaborateur Philippe pour les rapports météo quotidiens. Rien d’inquiétant se présentait sur notre route, ce qui nous rassurait.

Il s’est avéré qu’on a manqué de vent! Nous avons dû faire du moteur la première journée, ainsi que la 3e, 4e et 5e journée… Un vent léger plein Nord (au lieu de Nord-Est tel qu’on s’attendait) nous portait vers le Sud mais trop arrière, ce qui rendait la voile du Genneker pas suffisamment performante.  Nous avons donc alterné entre le moteur lorsque le vent était sous les 7kts et au Genneker dès qu’il levait a 8kts et plus. Nous sommes rendu vraiment bons à lever cette voile de jour comme de nuit, ayant eu l’opportunité de pratiquer souvent les derniers jours!

Nous avons avancé vraiment tranquillement, une moyenne de 4,5kts, sur une mer relativement calme. On a vu de la houle de 2 a 3m mais tellement espacée que c’était facile à prendre.  Malgré tout, les premiers 3 jours sont encore difficile pour moi. Nauséeuse, il est impossible pour moi de rester à l’intérieur, sauf pour aller me coucher. J’installe mon lit dans le carré, en plein milieu du bateau ou ça bouge le moins, bien enfoncée dans les coussins afin d’éviter le plus possible l’effet du roulis, et j’essaie de dormir aussi souvent que je le peux. J’ai la bouche très sèche dû aux médicaments que je prends je crois. Je me sens moche et somnolente. J’évite café, thé, alcool évidemment, et tout ce qui est épicé, et sucré. Ce qui me fait du bien c’est le salé. Des nouilles au bouillon de poulet, des chips, et des grignotines salées. Je mange très peu à la fois, mais plus souvent. Après 3 jours, je me sens revivre. Je reprends un peu l’appétit, et par conséquent de l’énergie. 

La vie à bord pendant une traversée est très basique. Les besoins primaux doivent être comblés et on ne s’attarde pas à autre chose. Manger, dormir, faire sa toilette, et bien sûr, se concentrer pour une navigation sécuritaire. Notre routine s’installe rapidement maintenant. Je me couche le soir entre 19h et 20h. Je dors jusqu’à 23h. Je veille de 23h à 3h pour laisser un bon 4h de sommeil à mon capitaine. Je retourne me coucher de 3h à 6h environ. Stéphane retourne se coucher jusqu’à 9h ou 10h. Et je dors a nouveau en après-midi un petit 2h. Ça nous fait quand même de 7h à 8h de sommeil chacun, mais on se sent fatigués aux levés, car ça nous semble trop court à chaque fois, même si on se réveille tout seul, sans cadran.  Pendant notre temps de veille la nuit, il arrive qu’on somnole un peu. Une minuterie activée aux 20 min nous permet de mieux décroché sachant qu’aucun bateau ne peut être en danger de collision entre nos inspections visuelles de l’horizon.
Stéphane et moi se croisons aux changements de quarts et on ne passe pas beaucoup de temps ensemble certains jours. Par contre, on essaie de manger ensemble à tous les diners et soupers. On vit dans une bulle, déconnectés de tout, et ou l’espace-temps prend un autre sens. On vient à ne plus savoir quel jour on est. On trouve que chaque heure est longue mais finalement, au bout de la journée, on se surprend à se dire que la journée a passée vite. Moi qui a toujours été dans l’action, à accomplir une longue liste de choses à faire dans mes journées, je suis ici, en plein milieu de l’océan, a végéter, à contempler la mer, à réfléchir,  à jouer au Scrabble et aux Jeux de Mot sur la tablette, et c’est tout ce que je peux faire…

Il nous arrive de belles surprises quand même. La visite de plusieurs dauphins sautant autour du bateau, nous ravie toujours. Mais il y a aussi la nuit ou on avançait silencieusement au Genneker, et que des dauphins me surprennent à venir respirer tout près du bateau. J’avais l’impression qu’ils me soufflaient dans le cou. La nuit était noire, sans lune, donc je voyais leurs sauts dans l’eau qui faisaient bouger le plancton fluorescent. On dirait qu’ils faisaient des étincelles dans l’eau et ça brillait de sous l’eau.  Magique!

La fois ou la ligne à pêche traînait à l’eau mais qu’un oiseau marin s’est pris dans le fil! Le beau thon de 26 po qu’on a attrapé après une longue bataille qui a laissé mon homme avec les bras morts! Et qu'en préparant les filets de ce même thon, et qu’on jetait les morceaux de la carcasse a l’eau, un espadon avec sa longue épée et sa crête sur le dos suivait de près et ramassait ces restants en sautant hors de l’eau! En observant la mer, on aperçoit parfois un banc de poissons volants qui sautent tous en même temps et volent sur plusieurs mètres, pour se sauver d’un gros poisson qui les poursuit. Tout ce monde qui vit sous notre coque, et qu’on ne peut qu’imaginer…


11 Novembre

Ça fait 7 jours que nous sommes en mer! Une navigation relativement facile mais quand même, un peu fatigante par le sommeil coupé, et du fait qu'on ne peut pas bouger bien loin! Lorsqu'on sait qu'il reste seulement quelques dizaines de milles nautiques, on a hâte d'arriver. On a parti le moteur la nuit dernière pour s'assurer d'arriver en plein jour. On sort les voiles pour les dernières heures et on avance enfin rapidement. Le passage entre l'Ile de Sao Vicente (ou nous allons) et l'ile Santo Antao juste en face entraîne des vents puissants causés par les montagnes. Un venturi naturel apporte des vents forts, des rafales, des vagues toutes croches, des coups de vents qui changent de direction. Mais on fait ça avec le sourire! On se sent en contrôle de la situation. On est fiers d'arriver et surtout de l'expérience que nous avons acquise encore un peu plus. 

Nous avons jeté l'ancre dans le port de Mindelo a 16h. Ambition nous a amené en Afrique! Je capote! Nous sommes vraiment loin du Lac Champlain! On a fait ça comme des grands! Pas seuls évidemment. Notre précieux collaborateur Philippe nous a bien guidé et rassuré par ses rapports météo quotidiens. Heureusement que la radio HF a bien fonctionné et que j'ai pu communiqué avec lui chaque jour.  

Nous aurons fait 818 milles nautiques en tout. Il nous pris 7 jours et 3h. Malheureusement nous avons dû faire 70h de moteur mais nous avons pratiqué différentes stratégies en vent arrière, et nos différentes voilures. On s'en vient bons! Je pense déjà a la prochaine traversée... Ce sera tout un contrat! 2000 NM!!! Nous serons en mer pour plus de 2 semaines.... C'est long.... Mais nous avons l'avantage d'avoir tout notre temps... 


Les Canaries - Suite

16 Octobre

Notre deuxième semaine avec Patricia fût plutôt relaxe. Mon amie ne souhaitant pas vraiment naviguer, nous avons opté pour rester à Las Palmas. Malgré les nombreux bateaux qui affluent de partout ces temps-ci en préparation d’une Transatlantique vers les Caraïbes, nous avons pu bénéficier d’une des rares places disponibles au quai. L’ARC (Atlantic Rallye Cruisers) qui rassemblent plus de 300 voiliers et catamarans, se rassemblent tous ici depuis plusieurs années. Ils ont la priorité et nous devions négocier gentiment notre prolongation à la marina. Ce fût parfait pour notre invitée qui craignait devoir dormir au mouillage!

La longue plage de sable fin, juste à côté du centre-ville de Las Palmas, était vraiment belle. Nous y avons passé quelques après-midi à nous prélasser (première fois qu’on se permet de s’asseoir dans le sable depuis notre départ il y a un, quand même!) et d’aller voir quelques poissons près du bord. Une grande promenade remplie de cafés, restos, terrasses et kiosques relie la plage et la ville, sur quelques kilomètres.  C’était le rendez-vous de mes deux gourmands, qui allaient se payer une gelato à chaque occasion.

Patricia et Stéphane ont plusieurs intérêts communs, comme la bonne bouffe, les bons vins, les restos, le goût du luxe (malgré nos moyens plutôt modestes). Ils ont aussi des traits de caractères communs. Par exemple, les deux sont perfectionniste, aiment le ménage et le frottage, et ont une certaine difficulté à vivre le moment présent. C’est vraiment drôle pour moi d’observer mon amoureux et ma meilleure amie qui se ressemblent autant, et que ces traits ne me ressemblent pas du tout! Patricia est repartie en ayant apprécié son séjour avec nous. Je la remercie sincèrement d’être dans ma vie. Elle m’a consolé et supporté dans le processus de deuil, elle m’a fait rire, elle m’a écouté, elle m’a encouragé à poursuivre notre voyage, elle m’a offert son plus grand réconfort et je lui suis très reconnaissante. Je l’aime beaucoup cette chère amie.  

Nous avons traversé vers la ville de Santa Cruz sur l’Ile de Tenerife. Une navigation de près de 10h.  J’ai (encore) été un peu malade. Les vents et les vagues sont toujours désorganisés lorsqu’on passe près des côtes, à cause des montagnes qui forment des venturis puissants. Mais aussitôt qu’on dépasse la dernière pointe, voilà qu’on retrouve un vent et des vagues stables, et que la navigation est comme on l’aime! L’arrivée à la marina de Santa Cruz fût un réel défi pour mon capitaine, mais qui a été relevé haut la main. Il a dû reculer le bateau entre un quai et un autre voilier énorme, ou les défenses de chaque bateau se touchaient tellement c’est étroit. Je suis vraiment fière de lui! Il fait des progrès, mais je reconnais le grand stress qu’il subit…


21 Octobre

Mes filles me manquent. Même si on se parle régulièrement sur Messenger, j’ai un besoin de les prendre dans mes bras, de partager du bon temps avec elles, de les écouter parler de leur vie d’adultes, et de les réconforter lorsque leur frère leur manque... Sur un coup de tête j’ai donc décidé d’inviter ma fille ainée à venir nous voir. Elle a terminé sa saison de guide touristique à Montréal et avant ses prochains projets pour l’hiver, je la savais en congé. La cadette étant plus loin (au Nord de la Colombie-Britannique) et travaillant comme enseignante, nous avons convenu qu’elle viendrait dans les Caraïbes pour sa semaine de relâche en mars prochain. 

Martine ne s’est pas faite priée longtemps! Elle a le goût du voyage comme moi, et est volontaire à prendre les belles opportunités qui se présentent. Alors a 5 jours d’avis, elle a pris l’avion jusqu’à Madrid, et ensuite jusqu’à Tenerife. Nous sommes allés la chercher à l’aéroport aujourd’hui. Nous étions tellement heureuses de se retrouver! J’ai hâte de lui faire découvrir une partie des Canaries, mais j’ai surtout le goût de la gâter et de prendre soin d’elle.

Ile de Tenerife

Étant guide professionnelle, Martine a choisi de prendre congé et de se faire guider par nous. Elle s’est laissé entrainer dans nos virées et acceptait volontiers nos propositions de parcours quotidien. Nous avions une voiture pour les premiers jours, ce qui a rendu les déplacements beaucoup plus facile. Nous avons découvert la ville principale, Santa Cruz. La plus belle grande ville des Canaries jusqu’à maintenant à mon avis. Enfin on y retrouvait une ambiance européenne avec plusieurs rues piétonnières, une belle architecture et un aménagement urbain invitant. Nous avons profité de sa plage juste un peu au nord, La Playa de Las Teresitas. Nous avons visité quelques villes et villages comme Puerto de La Cruz, Los Cristianos,  Punta del Medano, San Miguel, Las Galletas et plusieurs autres. Nous avons parcourus de nombreux km parmi des montagnes magnifiques, sur des routes sinueuses et abruptes. Nous avons fait de belles randonnées pédestres, entourées de cactus, de montagnes désertiques, ou de forêts luxuriantes. Nous avons traversé le Parc Naturel de El Teide. Cette montagne haute de plus de 3,700 m, est spectaculaire. On l’a voit de partout sur l’ile. Martine a marché dans des champs de laves à perte de vue. Elle a découvert un paysage lunaire a un certain endroit qui nous a incités à la réflexion et au recueillement. Elle a vraiment été dépaysée et c’était le but.

Je disais plus tôt à quel point les rencontres sont importantes en voyage. Elle a adoré nos amis Sophie et André de Frimousse, ainsi que leur visiteurs Manon et Steve. De bonnes parties de cartes et de belles discussions ont agrémenté quelques soirées.

La Gomera

Nous voulions faire vivre à Martine une navigation en mer. Le 30 Octobre, nous avons quitté Santa Cruz pour une distance de quelques heures vers le sud de l'île, à la marina de San Miguel. Après avoir passé une belle journée mère-fille sur la plage touristique de Las Americas, nous avons traversé vers l’Ile de La Gomera, autre île des Canaries situées à peine à 25 NM. Martine n'a aucun problème d'amarinage, les vagues l’endors chaque fois. Elle a donc passé une partie du parcours dans sa cabine a dormir! 

La ville principale de La Gomera, San Sebastian, est très jolie, a échelle humaine, plus familiale et conviviale, avec aussi une plage juste devant son centre. De là, il nous a été facile de prendre l’autobus et d’aller faire encore de belles randonnées. Toutes les îles des Canaries sont vraiment bien organisées avec de nombreux sentiers bien aménagés, et bien balisés, partout. C’est vraiment agréable de se promener en nature en ces lieux majestueux.

Le 4 Novembre, Martine repartait en prenant le traversier vers Tenerife, l’autobus vers l’aéroport, un vol vers Madrid, et ensuite retour à la maison.  Malheureusement son retour à la maison fût chaotique car elle est restée coincée à Madrid pendant 6 jours, mais bon, c’est l’aventure qui nous attend parfois en voyage… Son séjour avec nous fût la plupart du temps festif et joyeux, parfois très émotif. Nous avons pris de grosses bouchées de l’éléphant ensemble… Nous avons partagé de beaux souvenirs de notre Julien, et souligné le premier anniversaire de son départ… Ce fût bénéfique d’être ensemble je crois. Nous avons également appris à mieux nous connaître dans nos vies adultes. Ça fait près de 10 ans qu’on ne partage plus le même toit! On reconnait nos différentes personnalités, nos différents modes de vie, nos rêves respectifs. Elle sait que je serai toujours là pour elle…


























mercredi 11 octobre 2017

Les Iles Canaries

Lanzarote

20 Septembre

Nous avons pris exactement 50h, tel que prévu, pour traverser de Funchal à Arrecife, sur l'Ile de Lanzarote. Nous trouvons toujours aussi difficile les navigations de nuit, malgré que nous dormions mieux qu’auparavant. Un vent soutenu de 20-25kts de travers nous a fait progresser rapidement. Nous avons pris de bonnes décisions pour ne pas être sur-voilé et tout s’est bien passé. Malgré les vagues raisonnables de 5-6 pi, malgré ma patch Transderm en prévention, dès que j’ai resté un peu trop longtemps à l’intérieur, le mal de cœur m’a pris et j’ai vomi…Je croyais être guérie mais l’amarinage semble toujours être à recommencer pour moi. Je dois m’y résoudre!

Notre atterrissage à la marina d’Arrecife fût, comme toutes les autres, stressante. On nous indiquait un seul endroit pour nous, et nous n’étions pas à l’aise d’y aller. Trop étroit, peu de place pour virer, difficulté avec notre bateau de manœuvrer de reculons, il nous tardait à rentrer. Pourtant on n’avait pas le choix. Nous avons dû se résigner et on a accosté. A nouveau tout s’est très bien, mais mon Dieu que c’est encore stressant et difficile. Après 1 an de navigation, on souhaite toujours éviter les accostages. Ça prend vraiment pas grand-chose pour accrocher le quai, ou pire, accrocher un autre bateau! Heureusement nos assurances sont effectives ici…

Cette grande marina est construite a même une longue promenade du quelle une série de boutiques, restaurants, et bars sont installés. Les quelques bateaux de croisières apportent des touristes, et les locaux viennent fêter les weekends. Le vendredi et samedi soir, nous avons entendu la musique jusqu’à 5h-6h am… Ça fête longtemps les Espagnols!

A cette marina, nous avons fait la rencontre d’un couple québécois, Manon et Louis, qui vivent et voyagent sur leur voilier depuis 18 ans! Nous étions très impressionnés par leur parcours (9 ans consécutifs dans les Caraïbes et ensuite 9 ans dans la Méditerranée). Le plus remarquable est que Louis est semi voyant mais qu’il est tout de même bien fonctionnel sur son bateau. Il participe activement à tout ce qu’il peut. Manon prend en charge les manœuvres, la navigation, l’entretien, mais Louis est en mesure de l’assister énormément. Ils ont une grande expérience de vie à bord, ils ont été nourris par plusieurs rencontres de toutes les nationalités, et ils ont une attitude envers la vie des plus positives. Ils vivent d’une maigre pension donc ils se débrouillent et elle travaille fort pour arrondir les fins de mois. Nous les admirons vraiment. Nous avons eu de beaux moments avec eux, aussi émotifs et sentis que constructifs et instructifs. Nous n’oublierons pas ces gens qui ont croisé notre route. Ils m’ont montré que peu importe les obstacles, on trouve toujours une solution et on réussi quand même à accomplir nos rêves!

La ville d’Arrecife n’est pas particulièrement jolie. Les maisons et édifices sont carrés, fades, sans fleurs ni embellissements. On voit plusieurs édifices abandonnés. Par contre, ils ont bien aménagé une longue promenade le long du port, jusqu’au centre-ville, qui mène aussi a une grande plage et un parc urbain. Le samedi toute la journée, ils ferment une rue devant la plage, installent de nombreux kiosques de tapas, sangria et bière (tous à 1 Euro chaque!), et mettent de la musique espagnole très entraînante. C’est un grand rv des locaux et nous avons apprécié se retrouver parmi cette foule espagnole.

Nous étions contents de retrouver nos amis de Frimousse, arrivés 5 jours plus tôt. Nous avons pris une journée pour aller visiter avec eux l’est de l’ile. La vue du haut des montagnes, devant l’Ile de Grasiosa, est superbe. Les grottes naturelles créées par la lave des volcans, réaménagées par l’artiste Manrique, valait le déplacement. Stéphane s’imaginait très bien organiser une grande fête avec tous nos amis dans ces lieux magnifiquement construits pour inviter à la détente et à la fête. Le Jardin de Cactus aussi était intéressant. Plus de 1000 espèces de cactus qui proviennent de partout dans le monde, installés dans un genre amphithéâtre naturel construit aussi par Manrique. Nous avons vraiment aimé.  



















Nous avons loué une voiture pour 2 jours supplémentaires et avons parcouru tout le reste de l’ile. Les paysages sont très arides et secs. Les volcans couvrants une bonne partie de l’ile, laissant des km de laves jusqu’à la mer, font un spectacle désolant et magique en même temps. Les dernières irruptions, qui ont durées sur plusieurs années, datent du 18e et 19e siècle. La lave a tout détruit sur son passage et plus rien ne pousse depuis. Le sol de l’ile n’est que rocs, pierres et poussières. Le Parc Naturel de Timanfaya est vraiment très impressionnant. L’accès est limité et on doit obligatoirement s’y promener en autobus. Mais la route qui serpente dans les vallées et autour des trous de volcans est assez spectaculaire.  










Ils ont aussi très bien aménagé de courts sentiers directement sur les rochers créés par la lave qui s’avancent dans la mer. Cette lave a fait agrandir l’ile de plus de 6 km!








En conclusion, notre première impression des Canaries est positive. Comparé aux Acores et Madère, c’est nettement moins luxuriant, et peu aménagé pour les randonnées pédestres. Par contre, nous avons été agréablement surpris des activités à faire et à voir ici. Nous sommes déçus du peu de choix d’ancrage que nous pouvons faire. On doit se résigner à faire plus de marinas que prévu…

27 Septembre

Nous avons navigué jusqu’au sud de l’ile, près de Playa Blanca, pour enfin aller à l’ancre! Nous sommes bien installés devant une plage de sable fin, et juste derrière, on voit les montagnes désertiques. L’eau est turquoise, quoi que un peu froide. C’est très beau! Malgré le swell provenant du large (rouli des vagues qui nous fait bercer constamment), on apprécie ce coin de paradis. Stéphane en profite pour (encore!) travailler sur le bateau. Je fais un peu de ménage à l’intérieur mais je profite aussi de l’eau pour enfin aller nager.  La plage, juste devant nous, accueille les nudistes. J’apprivoise timidement ce nouveau mode de vie…



Fuerteventura, Iles Canaries

1er Octobre

Nous avons traversé vers Fuerteventura et longé cette longue île sur plus de 2 jours. Un premier mouillage dans le port de Rosiario (pas une ville particulièrement jolie non plus) et un second mouillage devant la plage de Morro Jable, et ensuite direction Las Palmas.




L’ile de Fuerteventura est la plus désertique des Canaries donc la vue que nous avions du large nous montrait une série de hautes montagnes lunaires… Ses nombreuses plages de sable blanc par contre ont initié la construction de grands complexes touristiques, plus laids les uns que les autres, qui viennent dénaturer la beauté du paysage. C’est dommage. On comprend maintenant que les Canaries sont le lieu des touts-compris des européens comme pour nous Cuba ou les iles du sud.

Grand Canaria, Iles Canaries

3 Octobre

La traversée vers Las Palmas s’est super bien passé. Un bon vent soutenu de travers nous a fait avancer rapidement. C’est rare qu’on voit du 7kts et plus, de façon continue, sur notre tableau de bord! L’arrivée à la marina nous a bien impressionnées. Le port est rempli de pétroliers, navires de marine marchande, paquebots de croisière.  La ville est immense avec ses hauts édifices, centre d’achats et autoroutes. Nous étions loin des petits coins bucoliques auxquels nous préférons. Et que dire de la marina. Plus de 1000 bateaux! C’est une ville en soit. Et nous avons vécu notre première expérience d’accostage à l’européenne : aucun quai individuel, seulement des pontons ou on s’amarre par derrière. On nous squeeze entre 2 bateaux très serrés, de reculons, et on attache nos amarrages par les taquets arrières et une ligne fixe a l’avant. Nous redoutions cette façon de faire mais ce sera certainement plus facile la prochaine fois. Encore l’expérience qui rentre!


Ma très chère amie Patricia vient nous visiter et nous sommes ravis de l’accueillir à bord. Elle me manquait et j'étais très heureuse de passer du temps avec elle. Et de savoir qu'elle s'entend super bien avec Stéphane m'enchante. A part mes enfants et mes parents, voici les 2 personnes qui me tiennent le plus a cœur. De les avoir près de moi pendant 2 semaines me fait du bien. Elle comprend toute la peine que je vis. Elle a aimé Julien, elle l'a vu grandir, et l’accueillait a notre maison de Bromont comme son fils. De revivre de beaux souvenirs de lui avec elle m'aidera a prendre encore des bouchées de mon éléphant....

11 Octobre

Nous avons loué une voiture pour la durée de son séjour et on s'est promené partout sur l’île. Cette île est très diversifiée et remplie de contrastes. De grandes villes modernes côtoient des montagnes a l'allure du Grand Canyon américain, de nombreuses plages et même des dunes de sable qui nous font penser au désert du Sahara, des vallées creusent et sinueuses ou on cultive des bananes et des fruits sur plusieurs km carrés, des régions hyper arides et des forêts sur le côté ouest, un climat chaud et sec qui est confortable a l'année. Presque la moitié de l’île est déclarée réserve naturelle de la Biosphère par l'Unesco et c'est rassurant de savoir que ce paysage sera protégé. Les nombreux touristes visitant l’île, qui imposent de gros hôtels laids, des centres commerciales, et des plages bondées de monde, me désole un peu. Les premiers habitants, nommés les guanches, ont laissé des vestiges, particulièrement les maisons construites a même le roc des montagnes. C'était intéressant de voir ça. Mon capitaine a donc pris congé de travaux sur le bateau et nous avons fait les touristes avec notre invitée depuis son arrivée. Voici donc des images que je partage pour donner une idée de ce qu'on a vu.























































La ville de Las Palmas

Nous sommes un peu déçus de cette ville. Grande comme une métropole, malheureusement il manque le cachet, l'architecture et le mode de vie européen qu'on aime tant. Le vieux quartier nous a laissé indifférent. Par contre, la plage Las Canderas est magnifique, située juste a côté du centre-ville. Nous serons ici encore quelques jours et on tarde a découvrir et avoir de belles surprise de cette ville.