dimanche 26 août 2018

Séjour au Québec


Séjour au Québec


Nous avons passé 5 très belles semaines au Québec, soit du 23 juin au 30 juillet. Stéphane ne ressentait pas vraiment le besoin de revenir à la maison. Il aurait pu continuer encore à voyager sans s’ennuyer. Pour ma part, j’avais besoin de retrouver mes filles, ma famille et mes amis.  Je ne ressentais pas nécessairement le besoin de faire une pause du bateau mais l’envie de revoir mon monde était présent. C’était quand même la première fois que je passais 1 an sans les voir. En même temps, le projet du mariage nous enthousiasmait et nous motivait à aller faire un tour à Montréal!

Comme mon frère entrepose nos effets personnels et notre set de chambre (c’est tout ce qui nous reste!), c’est donc chez lui que nous nous sommes installés, à Laval. J’ai apprécié avoir notre chez nous et de ne pas avoir à squatter un peu partout pendant notre séjour. En bonus, j’étais contente d’avoir ma mère qui demeure juste en face. On s’est vues souvent. Je remercie sincèrement mon frère de nous accueillir comme ça, dans sa maison, et surtout ma chère maman, qui était toujours disponible à nous rendre service. Quelle chance que j’ai de l’avoir près de moi comme ça!

Ces semaines furent très remplies! Nous avons organisé tout un agenda, tentant de voir le plus de monde possible, de régler pleins d’affaires, de préparer un mariage ( J ), et de magasiner un paquet de pièces de bateaux. Entre tous ces rendez-vous, on a même été 2 fois à mon ancienne maison à Bromont (maintenant chez ma grande amie Patricia) et fait une virée à Québec et à Rimouski! 
Ouf…

Nous avons eu des lunchs avec quelques-uns. Nous avons été reçus par d’autres pour de nombreux soupers. Nous avons reçu mes filles, avons sortis au restaurant, avons pris un café avec un, un verre avec d’autres. On a fait les touristes avec ma guide personnelle (ma fille ainée étant guide à Montréal). Bref, on a eu la chance de voir beaucoup de monde. Pour moi c’est facile et toujours ressourçant et enrichissant. Je suis une fille très sociable! Pour Stéphane qui n’est pas habitué à voir autant de monde, j’ai été agréablement surprise à quel point il s’adapte bien. Tout le monde aime côtoyer mon homme et j’en suis ravie! Il acceptait nos nombreuses invitations sans chicaner, mais il fallait que je respecte ses limites. On s’est réservé quand même quelques moments tranquilles, juste à nous.

Nous avons profité de ce temps au Québec pour régler plusieurs dossiers : médecins, prises de sang, mise à jour des vaccins, mammographie, dentistes, testaments et mandats d’inaptitude, planification financière, renouvellement de permis de conduire, assurances santé, ménage de la paperasse, etc… On est pas mal à jour, peut-être plus que les gens qui vivent a terre!

Nous avons fait de belles sorties de vélo à Laval et dans la région de Bromont, un coin qu’on aime beaucoup. On se voit y vivre une fois que nous voudrons revenir sur terre, un jour lointain... Nous avons revu quelques amis navigateurs rencontrés aux Bahamas l’année dernière. La virée à Rimouski avait un but bien spécial. Nous avons été surprendre nos amis Sophie et André du voilier Frimousse! Ils nous avaient accompagnés au Québec et en ont profité pour présenter des conférences dans leur coin. Ils avaient travaillés très fort sur une excellente et pertinente présentation, bien animée, qui relatait leur première année de leur périple. C’est donc avec beaucoup d’émotions que nous avons pu assister à une de leurs présentations devant grand public, et voir défiler tout ce qu’on a vu et vécu avec eux, à travers leurs yeux. Nous étions sincèrement heureux d’être là et de partager ces beaux moments.

Le magasinage des pièces de bateaux et pleins d’autres produits utiles pour notre vie à bord nous a aussi bien occupés. Stéphane avait une longue liste d’achats qu’il voulait rapporter dans  les bagages, en plus de faire réparer des manettes de guindeau, et de faire usiner des pièces sur mesure en inox. Bref, on a couru presque tous les magasins qui s’adressent aux propriétaires de voiliers du Québec, en plus de quelques quincailleries et de shops spécialisées. On a ramené l’équivalent d’une poche de hockey de marchandise! Des pièces de rechange qui nous manquaient a du matériel pour réparer ses voiles de kit surf, des vêtements et sandales neufs à des boites de sirop d’érable, entre autres!

Mais le summum de notre séjour au Québec fut, bien évidemment, la journée de notre mariage! Nous avions préparé à distance cet événement avec l’aide de précieuses personnes. Ma chère belle-sœur a pris en charge l’organisation, le menu et l’embauche des ressources. Mon amie Chantal s’est occupée des fleurs et de toute la décoration. Et ma grande amie Patricia fut notre célébrant. Nos amis de Frimousse sont venus chantés pour la cérémonie. Nous avons personnellement mis la main à la pâte dans les jours précédents la noce. La journée du 14 juillet fut extraordinairement bien réussie! Cette journée fut au-delà de ce que nous avions rêvé tous les deux. Tout était parfait! Nous étions fébriles, et très émus. De partager notre amour avec ceux qu’on aime nous a comblé. Nous étions reconnaissants d’être si bien entourés, touchés par la chaleureuse présence de nos invités, conquis par la beauté du site, choisi par ma belle-sœur. Ce fut une journée qu’on se souviendra le reste de notre vie. Notre engagement un envers l’autre est sincère, profond, et empli d’amour et de respect. Stéphane n’est pas seulement mon amoureux, je me rends compte qu’il est aussi mon meilleur ami. Nous partageons plusieurs intérêts et activités, nous aimons discuter de n’importe quoi ensemble, nous avons du plaisir ensemble, et on sait qu’on peut toujours compter un sur l’autre. Autant pour notre vie sur l’eau que notre vie à terre, on forme vraiment une bonne équipe!


















Retour à Grenade

J’appréhendais un tout petit peu le retour au bateau. Est-ce que j’allais trouver mon espace trop petit après avoir passé 5 semaines dans une maison? Est-ce que les douches illimitées, l’abondance des produits en épicerie, le lave-vaisselle, la facilité de faire les courses, tous ces nombreux magasins disponibles, les laveuse-sécheuse a portée de mains, en tout temps, est-ce que tout ça allait me manquer? Et bien non, pas du tout! Au contraire, nous étions tellement heureux de revenir sur notre Ambition. On aime notre vie plus simple sur l’eau. Le luxe à terre ne nous manque pas. Le confort de bien dormir sur terre ferme sans que ça bouge ou que ça roule, est compensé par de plus longues nuits à se faire bercer, et à prendre son café chaque matin en regardant la beauté de la mer autour de nous. De prendre tous nos repas dehors, dans le cockpit, c’est tellement plus agréable qu’être en ville... De nager chaque jour dans une mer chaude, c’est aussi un grand plaisir. De se demander ce qu’on fait aujourd’hui, et se dire qu’on est samedi tous les jours, c’est ça le gros luxe! Ça me dit (samedi) de faire ça…ça me dit pas (samedi) de faire cela…

Nous avions hâte de reprendre notre rythme, plus lent et plus calme. Nous avions hâte de se retrouver juste tous les deux. On aime la compagnie de l’autre, même si aucun n’est parfait et qu’il arrive de petits accrochages…Le plaisir d’être ensemble est beaucoup plus grand que de subir les petites imperfections de l’autre.

Je réalise que la vie sur l’eau nous a changés. De se départir de superflus matériels nous rend plus légers dans tous les sens du terme. On devient plus dans l’être plutôt que le paraître. C'est bizarre de dire ça car lorsqu'on me disait cette phrase dans mon ancienne vie, je ne l'intégrais pas...maintenant je crois que oui. En échappant le plus possible à la vie de surconsommation dans laquelle nos amis terriens vivent, nous amène à se concentrer sur l’essentiel : vivre à fond l’amour et l’amitié, apprécier la nature généreuse qui nous entoure, bien manger et boire, assurer notre sécurité et celle du bateau, c’est tout! On ne demande pas plus… J’ai constaté que les gens au Québec sont pressés et stressés. Je vois des gens parfois envieux, inquiets pour des riens, ou frustrés. Je sens que rapidement, le naturel revient au galop lorsque je passe un peu de temps à la maison et que je  ne suis pas mieux que tout le monde. J’espère de tout cœur que les changements profonds de notre style de vie actuel auront des impacts qui resteront pour toujours. De vivre au rythme de la nature et d’être plus humble face à celle-ci, d’utiliser les nouvelles habiletés que j’ai développées depuis que je vis sur l’eau, de vivre avec moins de bidules ou produits de luxe, et se contenter de choses pratiques.  C'est ça que je souhaite. Ça me fait du bien de réaliser que je suis (un peu) transformée a jamais…

Nous avons pris à peine une semaine à Grenade pour remettre le bateau en ordre, et refaire le réapprovisionnement. Pour nous, Grenade, représentait la fin de notre première grande étape de voyage. Les 18 premiers mois étaient planifiés (descente de la côte Est Américaine, 1er hiver aux Bahamas,  boucle de l’Atlantique incluant les îles Atlantique du côté de l’Europe, et 2e hiver dans les Caraïbes). Nous avons accompli ce que nous avions souhaité et nous sommes fiers de l’avoir fait. Notre tête est déjà remplie de merveilleux paysages, belles rencontres, expériences enrichissantes, et la vie à bord nous convient toujours agréablement. Maintenant nous pensons, avec enthousiasme, à la prochaine grande étape de notre parcours. La route dans la mer des Caraïbes qui nous mènera vers l’ouest, le Panama, et ultimement vers le Pacifique, une immense surface de la terre qui nous tarde à découvrir! Les deux prochaines années sont planifiées. On avait hâte de repartir vers de nouvelles aventures!


jeudi 21 juin 2018

Grenade


Grenade

14 mai

Nous avons quitté la dernière île des Grenadines pour entrer dans un nouveau pays : La Grenade. Avant d’arriver à la grande île principale plus au sud, nous avons pu mouiller à différentes autres îles qui sont des petites dépendances de Grenade.

Carriacou est une île de 8,000 habitants vivants sur 34 km2. Elle n’offre pas de forêt tropicale ou de montagnes à couper le souffle comme a Grenade, mais son intérêt tient surtout de ses réserves marines protégées. Nous y avons fait de très belles plongées, sur des récifs de coraux diversifiés. Un arrêt au village de Hillsborough pour faire les formalités d’entrées et ensuite direction Sandy Island. Minuscule île de sable fin, entourée de coraux, juste au large de Carrriacou. Ce fût un magnifique site pour s’accrocher a une bouée et aller jouer dans l’eau.  






Ensuite ce fût Ronde Island. Une autre petite ile non habitée, entourée de falaises et de récifs. Nous étions seuls au mouillage. La sainte paix! Tellement seuls qu’on a même pu nager et marcher sur la plage, tous nus! La liberté totale comme tout le monde rêve. On se dit que nous sommes très privilégiés de vivre ça. Nous y sommes restés 4 jours à jouer de longues heures dans l’eau. Pas de photos! ;-) 

Le 23 mai, c’était retour à Tyrell Bay Marina, Carriacou, en vue des travaux. Terminées les vacances pour un petit moment! Nous avions prévu une sortie de l’eau depuis des mois, pour refaire notre antifouling (peinture protectrice pour ralentir le processus duquel les algues et les coquillages se collent à la coque) et autres projets de maintenance. Pour ceux qui se posent la question, oui on peut continuer à vivre sur le bateau lorsque il est sur ses pattes. Nos panneaux solaires et notre éolienne continuent d’alimenter le bateau en électricité donc le frigo et le congélo fonctionnent. Nos réservoirs contiennent suffisamment d’eau pour notre usage quotidien. Seules les toilettes sont condamnées mais la marina fournie douches et toilettes. Ce chantier maritime est très grand, et heureusement, on peut bénéficier d’une bonne brise. C’est primordial car il fait 30-35C sous le soleil…







On côtoie les employés qui travaillent sur le chantier et tout le monde se salue. Nous avons que de bons mots pour cette nouvelle marina. L’équipe travaille bien, les gars sont courtois et toujours disposés à nous aider, rapides à nous prêter soit un escabeau, un outil, un boyau pour de l'eau, au besoin. De plus les prix sont vraiment compétitifs donc on recommande cet endroit sans hésitation.

Nos amis de Frimousse sont venus nous rejoindre pour les mêmes projets d'entretien ainsi qu’un autre bateau québécois, Sea Drive, dont le capitaine François est seul à bord et préférait faire ses travaux avec des copains. On a de longues journées de travail sous une chaleur accablante mais ça va bien. Les gars (et les filles!) travaillent forts. Sablage de la coque, sablage de l’hélice, peinture, polissage, nettoyage et traitement du dinghy contre les UV, en plus de quelques autres petits travaux de réparations, maintenance, entretien. Ensemble on s’encourage, on s’entraide, on partage, on donne notre avis sur les progrès de chacun. Et à la fin de la journée, c’est autour d’une bonne bière qu’on fait le bilan de la journée. Personne n’a eu de très mauvaise surprises, ni de pépins majeurs, mais quelques soucis quand même... C’est donc avec bonne humeur que nous avons passé au travers de ces 8 jours au carénage.  Pour notre part, on en a même profité pour faire faire une inspection formelle du bateau avec un professionnel local, et refaire faire nos plastiques du connecteur entre le dodger et le bimini.



C’est surprenant comment on s’adapte à de nouveaux défis dans la vie! J’ai passé ma carrière à rencontrer des clients, et à diriger des réunions. Je n’ai jamais vraiment appris ni eu aucun intérêt aux travaux manuels. Depuis l’acquisition du voilier, c’est mon capitaine le manuel et c’est lui qui fait pratiquement tous les travaux. Peu à peu j’apprends l’usage de certains outils afin de pouvoir assister mon homme. J’ai pris la sableuse électrique pour remettre l’hélice a son état original. J’ai participé activement à quelques travaux et j’étais fière de moi. Je m'implique de plus en plus...C'est tellement important de former une bonne équipe!





Le retour à l’eau s’est bien passé. Sur l’eau c’est plus frais heureusement. De plus, loin de la terre il y a moins de moustiques, nous n’avons pas les lampadaires qui nous envoyaient de gros spots dans les hublots (!), et on retrouve enfin notre intimité. La proximité dans un chantier maritime est inévitable alors le retour au mouillage fût un soulagement pour tous. Nos bateaux sont faits pour être sur l’eau et on préfère nettement le léger bercement de l’eau sous la coque que de grimper sur le bateau qui est fixé sur des pattes en hauteur.

Par contre, un grand travail de nettoyage fût nécessaire. Un chantier maritime est toujours rempli de poussières. Alors nettoyage du pont, des fenêtres et moustiquaires, des coussins, du bimini, ça nous a pris plusieurs jours pour remettre Ambition 1 à notre goût. Je dirais plus au goût du capitaine, qui est beaucoup, beaucoup plus exigeant que moi sur la propreté! C’est le capitaine qui passe le plus de temps à frotter son bateau que je connaisse. Il a une réputation de grand travaillant et il se fait souvent taquiner par les autres navigateurs. Notre bateau est toujours impeccable et fait l’envie de plusieurs. Mais à quel prix… Il dépense beaucoup de temps et d’énergie à maintenir un bateau comme neuf. Par contre j’apprécie vivre dans un bel environnement, propre et accueillant. Stéphane est un peu excessif à ce niveau mais il est comme ça et on ne le changera pas... 

7 juin

On a quitté Carriacou pour un dernier arrêt de 2 jours a Ronde Island (notre fameuse île déserte!) et ensuite se diriger vers la grande île de Grenade. La coque fraîchement nettoyée et peinte est tellement lisse que nous avancions à une vitesse hors de l’ordinaire. Nous étions impressionnés de voir une vitesse constante a 8 nds et plus lorsque habituellement on avance en moyenne à 5-6 nds!


Il y a 100,000 habitants a Grenade et la capitale est St-Georges. Jolie ville, nous avons été agréablement surpris. Elle offre une bonne infrastructure en réapprovisionnement de pièces de bateau, de quincaillerie,  de bouffe. Elle est plus riche que bien des villages vu dans les Caraïbes, et les Grenadiens semblent plus éduqués, mieux habillés, toujours polis, courtois et de bonne humeur. La promenade entourant la baie est jolie et la ville grouille de monde. Il y a de la vie ici! Une université ainsi qu’une école secondaire sont à proximité alors on voit plusieurs jeunes à la sortie des cours fréquenter les restaurants ou les épiceries. La saison touristique est terminée pour l’été mais on voit que l’industrie fait bien vivre cette île. Il y a plusieurs resorts et maisons à louer. On a discuté avec un homme travaillant dans la construction. Il y a plusieurs chantiers résidentiels et commerciaux en cours sur l’île et ça fait travailler bien du monde. Tant mieux!








Grenade est aussi une île verdoyante, avec plusieurs chutes et une belle forêt tropicale. La nature généreuse permet une agriculture locale abondante. Il y a beaucoup de bananiers, de cocotiers, de manguiers et toutes sortes d'arbres fruitiers mais ce qui est typique d'ici sont les noix de muscade. On peut facilement se déplacer en petits autobus, partout sur l'île. Mais se qu'on apprécie est de faire du pouce. On rencontre des locaux et ça nous donne l'occasion de discuter avec eux. Ils sont très généreux avec nous.






















Nous avons eu la chance d’être invités par un couple de québécois qui vit ici depuis 2 ans à participer à nos premiers HASH. Un HASH est un événement sportif populaire partout dans le monde mais particulièrement à Grenade. Cette activité se tient à tous les samedis, dans un endroit différent sur l’île, et convie les locaux comme les étrangers à une course de 5-6 km qui fait découvrir des endroits rustiques, en campagne, hors des sentiers battus. On part tous ensembles, certains à la marche, d’autres à la course, et on suit un chemin balisé spécialement pour l’événement. On nous fait passer par des chemins étroits et accidentés en montagne, par quelques rivières (les pieds dans la l’eau!) par des chemins qui traversent des fermes, des forêts de cacaotiers, de bananiers, de manguiers et autres, par un sentier qui contourne un ancien cratère de volcan avec son petit lac au centre, bref on est dans un décor très diversifié et surtout typique de Grenade. Les participants (près d’une centaine), sont d’origines et d’âges différents, de classe économique différente, de niveau sportif différent, mais c’est une rencontre ou tout le monde a du plaisir et se parle. Au final, il y a de la bière, un grand BBQ avec de la bouffe locale, de la musique qui crache à tue-tête, et tout le monde embarque dans cette atmosphère unique. On a même eu droit à un petit spectacle de jeunes garçons aux tam-tams et de jeunes filles à la danse traditionnelle. Nous avons fait 2 parcours différents et on se sentait privilégiés de participer à cette activité. 







21 juin

Ce matin, nous avons quitté la baie de Grande-Anse, près de St-Georges, pour aller dans Woburn Bay, plus au sud. C'est ici, a la marina Whisper Cove, qu'on se prend un mooring (une bouée) et qu'on laissera le bateau bien a l'abri, pour un séjour au Québec. Nous devons sécuriser le bateau, démonter le bimini et dodger, nettoyer et rentrer tout ce qui est dehors qui pourrait prendre dans le vent, ou qui pourrait se faire voler. On doit remiser le déssalisateur, vider le frigo, et tout mettre en oeuvre pour laisser notre Ambition tout seul, pour la première fois! La saison des ouragans commence plutôt en août et on devrait avoir les meilleures conditions possibles pour ce remisage mais nous sommes quand même un petit peu inquiet. Malgré que les gens de la marina ont un oeil sur notre bateau pendant notre absence, il peut toujours arriver quelque chose. Notre maison, ainsi que tous nos biens, sont accrochés au bout de cette corde... Imaginez votre maison, suspendue a une chaîne dans les airs, a la merci des éléments...C'est ce que nous vivons au mouillage ou au mooring!

On quitte pour le Québec samedi, le 23, et on devrait revenir le 30 juillet. Nous avons les préparatifs du mariage a faire, plusieurs proches et amis a voir, ainsi que différents rv personnels. Je me sens fébrile de revenir. Après un an, j'ai hâte de revoir mon monde. Et nous avons hâte a la belle journée que sera la célébration de notre mariage! D'un autre côté, j'appréhende, car revenir chez moi c'est me remettre dans un deuil immense et inévitable. La distance que j'ai avec le Québec me permet une certaine distance avec ma perte. Revenir me replonge toujours dans ma peine. Mon fils me manque tellement... Mais je m'encourage car j'ai avalé plusieurs bouchées de mon éléphant jusqu’à maintenant, il en reste moins a prendre...