mardi 3 avril 2018

Caraibes, Suite


16 Mars

Dernière semaine à Antigua

Ma sœur est partie et nous ne pouvons pas traverser vers la Guadeloupe à cause des vents forts qui soufflent. On ne voulait pas attendre à Falmouth Harbour et un couple d’Ontariens (Jorges et Marianna) nous ont informés que Nonsuch Bay, sur la côte Est de l’île, était un endroit magnifique, tranquille, bien protégé par les récifs de coraux et qu’on y faisait du kitesurfing. Quel bonheur d’avoir découvert cet endroit! C’était la dernière baie à découvrir et nous avons été agréablement surpris. Un coin de paradis! Nous y avons passé presqu’une semaine.

Stéphane a renoué avec son kite (après un an sans pouvoir en faire), et il en a profité à chaque jour. J’adore voir mon homme se démener sur sa planche. Je le trouve vraiment hot pour son âge (!) et je suis si fière de lui. Il s’amuse comme un petit gars et c’est beau à voir. 



Nous avons aussi fait de très belles plongées, chaque jour. Ici aussi il s’amuse comme un enfant, et enfin il décroche de tous les travaux et frottages à faire sur le bateau! On a attrapé quelques langoustes, mais surtout observés plein de gros poissons qu’ils nous étaient interdit de pêcher malheureusement… Ce fût une belle pause dans nos vacances! On a eu le temps de relaxer, et de se retrouver en amoureux.  Tellement amoureux qu’on a décidé de se marier!!! Il a dit oui! J’ai dit oui! Après plus de 4 ans à s’aimer, après tout ce qu’on a vécu ensemble, après 1 an et demi à se retrouver 24h sur 24h ensemble, on s’entend toujours aussi bien! On se dit qu’on est bon pour un long moment. Nous profiterons de notre séjour à Montréal en juillet pour souligner notre engagement un envers l’autre et célébrer notre amour avec nos familles et quelques amis. Je souhaite créer du bonheur dans ma vie le plus possible. Il y a le deuil… mais il faut aussi avoir de la place pour la fête. Je tente à chaque jour d’apprécier les petits et grands moments de bonheur, mais cette journée du 14 juillet sera particulièrement heureuse. J’ai hâte de partager notre bonheur avec mes proches. Je l’aime tant mon capitaine…C’est le bon pour le reste de ma vie, j’en suis persuadée! 

21 Mars

Les vents ont finalement baissés, on a donc pu se diriger vers la Guadeloupe. Nos navigations vers Pigeon et ensuite Pointe-à-Pitre furent très belles. Un beau vent de travers de 15-20 kts,  nous a porté rapidement, sous un soleil radieux. A notre arrivée dans la capitale de la Guadeloupe, nous devions refaire nos provisions en vue de la visite attendue. Ménage, lavage, épiceries, courses, nous ont occupés pour 3 jours! On a même eu le temps de magasiner nos alliances et nous avons trouvé! C’est un geste important, duquel il me fait réaliser que c’est bien vrai, on se marie! J’ai encore peine à y croire.

Ma fille Marianne et son amoureuse, Danna, sont arrivées le 21 et je suis si heureuse de les prendre dans mes bras enfin! J’ai envie de faire le plein de câlins, de confidences, de fous rires. J’aime partager notre vie avec elles et redécouvrir notre quotidien à travers leurs yeux. On s’est promené dans le centre-ville de Pointe-à-Pitre, et dans le village de Gosier le lendemain. On a profité de la plage de Gosier, baignades, bonne bouffes, et elles sont ravies de se faire dorloter. Les filles sont toutes les deux enseignantes et elles méritent amplement leur semaine de relâche. Elles sont crevées et je suis heureuse de pouvoir prendre soin d’elles, et les gâter un peu.







Simone est partie d’Amsterdam pour venir nous rejoindre 2 jours après. C’est le 2e rendez-vous entre les filles sur notre voilier et je suis heureuse de pouvoir partager ces moments avec elles. Nous avons choisi de passer la semaine aux Saintes, un de nos coups de cœur aux Caraïbes. Une petite navigation de 3-4 heures seulement, mais suffisante pour donner le mal de mer à ma fille… Elle a vomi 2 fois pauvre cocotte! Pour ma part je commence enfin à avoir le pied marin, mais ce n’est pas le cas pour elle encore.

Terre-de-Haut est l’île la plus habitée des Saintes et c’est l’endroit où on prend une bouée pour notre voilier. C’est une petite île ou on peut faire le tour à pied, mais suffisamment touristique pour avoir de l’ambiance et du cachet.  Nous avons profité des belles plages, et surtout de l’eau. Les filles sont de bonnes nageuses et on a passé plusieurs heures à plonger tous ensembles.  Nous avons attrapé des langoustes, vu des milliers de poissons de toutes les couleurs et grosseurs, observé des coraux, des épaves, des décors enchanteurs. Marianne et Danna ont apprécié marcher tranquillement dans le village pendant que les sportifs (Simone, moi et Stéphane) avons fait quelques randonnées sur l’ile. On a laissé le capitaine seul à l’occasion pour qu’il se retrouve dans sa bulle, et qu’il satisfasse son besoin de mettre de l’ordre sur le bateau. Chacun en avait pour son compte. J’ai cuisiné, et les filles se chargeaient de la vaisselle. Ce fût une semaine chargé d’activités, mais où elles ont pu aussi se reposer. Mission accomplie! Et un grand grand grand merci à mon capitaine, pour sa générosité et surtout sa patience!  Il s’est laissé envahir par une gang de filles, encore une fois, sans trop chicaner…































lundi 12 mars 2018

Antigua

Antigua

17 Février

Nous avons quitté Deshaies, petite ville la plus au nord de la Guadeloupe, vers l’Île d’Antigua. Une belle distance de 42 MN, avec vents de 20-25 kts au travers. Malgré les vagues de près de 3 mètres, ce fût une belle navigation. On prend des ris sur les voiles, et on garde mieux le contrôle. On commence à avoir un peu moins peur des vagues et du vent, même si on n’aime pas trop quand ça dépasse les 25 kts! Mon Dieu qu’on ne ferait jamais de régates! Ben trop stressant!

Ce qui est fantastique dans les Caraïbes c’est l’avantage des courtes navigations. Les distances sont de maximum une journée d’une île à l’autre.  Antigua sera l’ile la plus au nord qu’on ira visiter pour cette fois ci car on manquera de temps…incroyable mais vrai! Nous devons planifier notre horaire pour les prochaines semaines, voire les prochains mois. Nous attendons de la visite à Antigua, retour de mes filles chéries en Guadeloupe, et ensuite descente vers le sud, Martinique, Ste-Lucie, Les Grenadines et sortir le bateau de l’eau en Juin pour quelques travaux. Grenade en juillet ou nous laisseront le bateau pour un séjour au Québec tout le mois.

Je reviens à Antigua. Comme les autres îles des Caraïbes, les autochtones furent chassés d’ici par les Anglais, en conquête du monde, au 15e siècle. Christophe Colomb est venu à quelques reprises, comme il a fait sur les Antilles françaises, au Canada et même aux Acores et au Cape Vert. On le voit partout celui-là. Nous suivons sa trace! A l’issue du Traité de Paris, les Anglais et les Français se sont partagé les Antilles. C’est comme ça que la Martinique, la Guadeloupe, St-Martin et St-Barthelemy sont françaises. Leur Métropole a maintenu, encore aujourd’hui, le lien politique et économique. Pour les îles colonisées par les Britanniques, La Dominique, Antigua-Barbuda, St-Vincent, Les Grenadines et Grenade, elles ont repris leur indépendance dans les 50 dernières années, mais les écrits disent plutôt qu’elles ont été abandonnées par l’Angleterre…

Toutes ces îles ont été peuplées par des esclaves venus d’Afrique pour la culture de la canne à sucre. La traite des esclaves fut très présente et on en voit les impacts aujourd’hui. Les noirs sont malheureusement encore pauvres pour la plupart. Ce sont les blancs qui ont la richesse et les belles maisons. Toutefois les locaux sont fiers d’exprimer leurs origines, que ce soit lors de parades et carnavals, ou dans leurs créations artisanales.     
  
Les îles ou on parle français, on voit beaucoup de touristes français, et des québécois. A Antigua, on voit que des Britanniques, des Américains et beaucoup de Canadiens anglais. Nous sommes vraiment surpris de voir autant de nos compatriotes du ROC dans chaque mouillage. Je suis aussi perplexe de constater que jamais ils viennent nous saluer, lorsqu’au contraire, chaque québécois croisé en Martinique ou en Guadeloupe voulait nous parler, nous accueillir, et échanger avec nous. Notre drapeau Canadien est une obligation, mais le drapeau Québécois nous permet de plus belles opportunités!

Notre port d’entré à Antigua fût English Harbour. Une ancienne forteresse avec tous les bâtiments d’artilleries qui ont été rénovés et qui logent maintenant de grandes marinas, des restaurant, des boutiques. On y voit des palaces, immenses yachts ou grands voiliers valant des millions! Il y a de la valeur au pied carré ici! Nous ancrons dans Freemans Bay, devant une belle petite plage, mais avec des rochers très près de nous, juste derrière. Mon capitaine était nerveux les 4 jours passés à ce mouillage. Pour ma part, j’aurais aimé être plus désinvolte mais j’ai aussi eu quelques nuits à avoir de la difficulté à fermer l’œil, en s’inquiétant constamment que notre Ambition 1 chasse, et qu’on se retrouve échoué dans les rochers… Mais que dire de la vie sous-marine tellement généreuse juste sous notre coque! La première journée, j’ai été surprise de nager avec de nombreux poissons de toutes les couleurs, quelques tortues de mer, des raies grises mais surtout une majestueuse raie tachetée. J’ai en plus eu la chance de voir un très gros African Pompano, il faisait plus d’un mètre! 
La plongée dans ce coin la était très belle, principalement pour le mur de corail et les falaises sculptées dans le roc, qu’on observe seulement à la nage. Le centre du village est un parc historique et est intéressant à découvrir. Malheureusement c’est tellement rempli de touristes que ça nous repousse un peu. La baie voisine est Falmouth Harbour et nous y avons resté 3 autres jours. On a apprécié marcher dans les collines aux alentours, et se promener dans le reste du village.
Nous avons fait de petits sauts, de baie en baie, tout au long de la côte ouest. Il fallait toujours se protéger des vents forts provenant du Nord-Est. On a rejoint la côte Est lorsqu’enfin le vent s’est calmé. C’est ici que nous attendons ma sœur cadette, qui arrive pour une semaine. On a profité d’une merveilleuse baie isolée, entourée de coraux qui coupent les vagues. On a beaucoup nagé, plongé, et tenter de pêcher.

On constate malheureusement que les Caraïbes ne sont pas comme les Bahamas pour la chasse aux poissons avec nos harpons. Il y a du poisson mais trop petit pour harponner. Il y a un peu de langoustes, mais elles aussi vraiment très petites. On adore chasser, c’est physique, stimulant et gratifiant. Depuis notre arrivée en Martinique, c’est un peu décevant. Il y a des endroits avec de beaux coraux, mais l’envahissement des algues est en train de faire mourir cette faune sous-marine. C’est désolant de voir autant de coraux morts.  On a beau chercher les poissons à mettre dans notre assiette, on n’y arrive pas.     
















4 mars

L’arrivée de Julie, a amené une belle dynamique a bord. Nous avions beaucoup de rattrapage à faire et plusieurs belles discussions ont animées nos journées et nos soirées. Mon homme a appris à connaître davantage ma sœur et il l’apprécie, ce qui me réjouit indéniablement. Nous avons fait avec elle le chemin inverse de Great Bird Island jusqu’à English Harbour et lui avons fait découvrir tous nos coups de cœur : de belles plongées très diversifiées, des décors les plus féeriques de l’ile, une promenade sportive en montagne et la visite du quartier historique d’English Harbour ainsi que St-John, la capitale.

Ce qui est vraiment agréable avec Julie c’est qu’elle est toujours enthousiaste et de bonne humeur. Elle s’extasie devant tout, et est prête, comme un scout, à n’importe quelle aventure! Elle est curieuse et veut apprendre de notre mode de vie. Elle est respectueuse, généreuse et toujours rieuse. Nous avons bien aimé partager ses vacances avec elle. Lors d’une plongée, nous avons eu le grand privilège de nager longuement avec des raies tachetées. Elles sont si gracieuses et impressionnantes. J’étais ravie de partager ce moment avec elle, ainsi que plusieurs autres.

J’ai pu parler avec elle de mon beau Julien, de nous rappeler pleins de souvenirs, et de le pleurer ensemble. Chaque fois que je rencontre quelqu’un qui a aimé mon fils, ça me rapproche de lui, et ça me fait du bien. Mon éléphant devient un peu moins gros qu’il était… une bouchée à la fois!