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mercredi 26 septembre 2018

Curacao


Curaçao

4 Septembre

Nous avons quitté Bonaire hier en direction de Curaçao. Un bon vent arrière de 20 nds, des vagues de 6-8pi. Chemin faisant, on s’est soudainement rendu compte que nous avions complètement omis de passer par les douanes et l’immigration avant de partir… Quelle erreur stupide! Il faut avouer que chaque île des Caraïbes a ses règles et on a parfois du mal à suivre. Les Iles Françaises ainsi que Les Roques, on peut faire nos formalités d’entrées et de sorties en même temps, le jour de notre arrivée. Pour d’autres, il faut retourner aux autorités. On ne pouvait pas retourner sur nos pas avec un vent de face et un courant contre nous. On s’est donc dit que comme les îles ABC sont des dépendances néerlandaises, ils seraient surement flexibles entre eux. Et bien non…

A notre arrivée a Curaçao, les douaniers ont catégoriquement refusé notre entrée! On devait retourner a Bonaire, faire estamper nos passeports de sorties, pour ensuite revenir et procéder aux formalités d’entrées. Nous sommes dans un autre pays, contrairement a ce qu’on pensait… Malgré les technologies disponibles, malgré que les douaniers des deux gouvernements se parlaient au téléphone, nous n’avions pas le choix, il fallait retourner la-bas. Comme le vent était contre nous, et qu’en plus je partais pour Montréal 2 jours plus tard, nous avons donc été obligé de prendre l’avion, tous les deux obligatoirement. Un vol qui dure 18 minutes, régler les formalités qui ont pris 10 minutes, et revenir quelques heures plus tard. Cette erreur nous a coûtée un taxi a 4h du matin jusque a l’aéroport, et $575 CND de billets d’avion! En plus de 2 journées a se rendre en ville en autobus, trouver le bureau des douanes, et ensuite se rendre a l’autre bout de la ville pour les bureaux d’immigration, et les autorités portuaires. On a appris! On ne fera plus jamais cette erreur…
C’est l’anniversaire de ma fille ainée aujourd’hui et j’ai une pensée pour elle. J’aimerais tellement la prendre dans mes bras et la serrer fort!

9 Septembre

J’ai laissé Stéphane au bateau il y a 3 jours et j’ai pris l’avion seule pour Montréal. Ce retour hâtif pour une petite semaine parmi mes proches avait un but bien spécial. Je voulais participer a un événement organisé en mémoire de mon fils. Je ne pouvais manquer ça… Ses amis avaient besoin de faire quelque chose d’important pour donner un sens a la perte soudaine de leur grand chum. Ils ont organisé une levée de fond pour la Fondation des maladies du cœur (on ne connaîtra pas les causes exactes de sa mort mais on sait que son cœur a lâché, sans signe avant-coureur). Comme Julien a toujours aimé faire du sport avec ses amis, ils ont organisé une course sur un circuit que lui-même faisait régulièrement dans les rues de Boucherville. C’est la ville qui l’a vue grandir et où il habitait encore avec son père. Il y avait un parcours de course de 6 km et un parcours de marche pour les moins rapides.

Les jeunes avaient comme objectifs de rejoindre une cinquantaine de personnes et d’amasser $500. Ils ont finalement réunis au moins 125 personnes et le montant recueilli a atteint $3700! Ce fût une magnifique journée ensoleillée, et les gens étaient heureux d’être la. La Course Julien Robitaille fut un succès, au-delà des attentes. Les organisateurs sont encouragés pour réitérer l’an prochain.
Pour ma part, j’ai vécu cette journée avec beaucoup d’émotions. Émue de revoir tous les amis de Julien. Émue de revoir leurs parents que j’ai connus au fil des ans et qui ont vu grandir mon petit homme. Émue de voir plusieurs de mes amis, et toute ma grande famille présents au  rendez-vous pour encourager la cause et bien sûr, pour me supporter dans mon deuil. Fière de voir que mon fils pouvait encore rassembler tous ces gens. Fière de savoir que mon fils était aimé et apprécié. Fière de l’héritage qu’il nous laissait car les amis de Julien tenaient a s’impliquer et a contribuer a un projet, comme lui l’aurait fait. Ouf…des bouchées de l’éléphant qui ont passées…





13 Septembre

Je suis revenue a Curaçao avec ma belle-sœur Susie. Nous l’avons invité pour une petite semaine de repos, après tout le travail qu’elle avait accompli pour notre mariage. Nous étions contents de passer quelques jours avec elle. Ses séjours avec nous (3e fois qu’elle vient nous voir) provoquent de belles discussions et un rapprochement bien senti entre Stéphane et sa sœur.
Nous avons loué une voiture quelques jours et avons pu découvrir l’ile du Nord au Sud. Le parc national Shete Boka au nord mérite le déplacement. De courts sentiers longeant la côte nous donnent des points de vue spectaculaires. Nous avons agrémenté nos journées par de bons lunchs sur des terrasses avec vue imprenables sur une eau turquoise. Toutefois, l’ile de Curaçao est très touristique et américanisé. On voit des commerces partout, on s’ennuie un peu du côté plus sauvage et authentique de Bonaire.





































La ville principale, Willemstad, est intéressante. Cette capitale est divisée par un grand canal ou les bateaux de marine marchande et les bateaux de pêcheurs peuvent passer pour entrer au port. Un grand pont très haut est construit pour les voitures et un autre pont flottant est dédié aux piétons. Ce pont, nommé Queen Emma Pontoon et datant du 19e siècle, est spécial du fait qu’il repose sur 16 pontons et s’ouvre à 90 degré à chaque fois qu’un navire doit passer. Il est arrivé souvent qu’on devait attendre son ouverture, ou prendre le petit traversier dédié aux piétons un peu plus loin. D’un côté on retrouve le quartier Punda, et de l’autre on retrouve le quartier Otrobanda. On observe une architecture d’influence néerlandaise, avec des maisons de différentes couleurs. Plusieurs édifices ont été rénovés et c’est très joli. Il y a une riche histoire de traite d’esclaves ici.  Nous avons appris que Curaçao était le point de transit d’une majorité d’esclaves provenant d’Afrique, avant d’être revendus aux autres îles Caribéennes ou aux États-Unis. Cette ville était protégée par des forts, qui eux aussi ont été rénovés, et convertis en boutiques pour les touristes, quel sacrilège!  




































Les plongées en apnée sont un peu décevante comparée à celles de Bonaire et surtout à ce qu’on a vu a Los Roques. Par contre, une belle surprise nous attendait à peine 20 min à pied de notre ancrage. Devant un immense quai ou un vieux cargo y est accosté, il y a le plus beau site de plongée de Curaçao. Une épave accessible en apnée y est remplie de poisson. Les coraux un peu plus loin sont magnifiques et faciles d’accès. Et sous le vieux quai, des coraux que nous n’avions jamais vus auparavant ont poussé sur les longs poteaux. Cette végétation à l’ombre des rayons du soleil nous montre une autre facette de cette mer généreuse. L’eau si bleue, les ombrages, les couleurs, les poissons, j’avais l’impression de nager dans un immense aquarium. De toute beauté! Nous avons été à ce site avec ma belle-sœur, ensuite avec nos amis de Frimousse, et à nouveau avec la petite famille de Rio, venus nous rejoindre après être resté à Bonaire pendant 2 semaines.      

Nous avons fait la rencontre de Josée et André du voilier Eaudrey96. Ces québécois vivent ici depuis 1 an et ils étaient bien contents de voir de leurs compatriotes, qui semblent très rares dans ce coin ci des Caraïbes. Nous avons fait une soirée québécoise sur notre bateau avec tout ce beau monde-là. Ce fût bien agréable.  

26 Septembre

Nous attendons notre fenêtre météo pour quitter la baie de Spanish Water et aller vers la Colombie. Les bateaux (Rio, Frimousse et Ambition 1) feront la traversée à peu près en même temps.  Nous considérons plus rassurant être au mouillage côte à côte dans les baies de la Colombie. En attendant, on fait nos devoirs. Nous avons beaucoup de lecture à faire pour préparer les navigations, les escales et les visites touristiques, autant pour la Colombie que le Panama, nos terres d’accueil pour les prochains 3 mois.