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jeudi 21 juin 2018

Grenade


Grenade

14 mai

Nous avons quitté la dernière île des Grenadines pour entrer dans un nouveau pays : La Grenade. Avant d’arriver à la grande île principale plus au sud, nous avons pu mouiller à différentes autres îles qui sont des petites dépendances de Grenade.

Carriacou est une île de 8,000 habitants vivants sur 34 km2. Elle n’offre pas de forêt tropicale ou de montagnes à couper le souffle comme a Grenade, mais son intérêt tient surtout de ses réserves marines protégées. Nous y avons fait de très belles plongées, sur des récifs de coraux diversifiés. Un arrêt au village de Hillsborough pour faire les formalités d’entrées et ensuite direction Sandy Island. Minuscule île de sable fin, entourée de coraux, juste au large de Carrriacou. Ce fût un magnifique site pour s’accrocher a une bouée et aller jouer dans l’eau.  






Ensuite ce fût Ronde Island. Une autre petite ile non habitée, entourée de falaises et de récifs. Nous étions seuls au mouillage. La sainte paix! Tellement seuls qu’on a même pu nager et marcher sur la plage, tous nus! La liberté totale comme tout le monde rêve. On se dit que nous sommes très privilégiés de vivre ça. Nous y sommes restés 4 jours à jouer de longues heures dans l’eau. Pas de photos! ;-) 

Le 23 mai, c’était retour à Tyrell Bay Marina, Carriacou, en vue des travaux. Terminées les vacances pour un petit moment! Nous avions prévu une sortie de l’eau depuis des mois, pour refaire notre antifouling (peinture protectrice pour ralentir le processus duquel les algues et les coquillages se collent à la coque) et autres projets de maintenance. Pour ceux qui se posent la question, oui on peut continuer à vivre sur le bateau lorsque il est sur ses pattes. Nos panneaux solaires et notre éolienne continuent d’alimenter le bateau en électricité donc le frigo et le congélo fonctionnent. Nos réservoirs contiennent suffisamment d’eau pour notre usage quotidien. Seules les toilettes sont condamnées mais la marina fournie douches et toilettes. Ce chantier maritime est très grand, et heureusement, on peut bénéficier d’une bonne brise. C’est primordial car il fait 30-35C sous le soleil…







On côtoie les employés qui travaillent sur le chantier et tout le monde se salue. Nous avons que de bons mots pour cette nouvelle marina. L’équipe travaille bien, les gars sont courtois et toujours disposés à nous aider, rapides à nous prêter soit un escabeau, un outil, un boyau pour de l'eau, au besoin. De plus les prix sont vraiment compétitifs donc on recommande cet endroit sans hésitation.

Nos amis de Frimousse sont venus nous rejoindre pour les mêmes projets d'entretien ainsi qu’un autre bateau québécois, Sea Drive, dont le capitaine François est seul à bord et préférait faire ses travaux avec des copains. On a de longues journées de travail sous une chaleur accablante mais ça va bien. Les gars (et les filles!) travaillent forts. Sablage de la coque, sablage de l’hélice, peinture, polissage, nettoyage et traitement du dinghy contre les UV, en plus de quelques autres petits travaux de réparations, maintenance, entretien. Ensemble on s’encourage, on s’entraide, on partage, on donne notre avis sur les progrès de chacun. Et à la fin de la journée, c’est autour d’une bonne bière qu’on fait le bilan de la journée. Personne n’a eu de très mauvaise surprises, ni de pépins majeurs, mais quelques soucis quand même... C’est donc avec bonne humeur que nous avons passé au travers de ces 8 jours au carénage.  Pour notre part, on en a même profité pour faire faire une inspection formelle du bateau avec un professionnel local, et refaire faire nos plastiques du connecteur entre le dodger et le bimini.



C’est surprenant comment on s’adapte à de nouveaux défis dans la vie! J’ai passé ma carrière à rencontrer des clients, et à diriger des réunions. Je n’ai jamais vraiment appris ni eu aucun intérêt aux travaux manuels. Depuis l’acquisition du voilier, c’est mon capitaine le manuel et c’est lui qui fait pratiquement tous les travaux. Peu à peu j’apprends l’usage de certains outils afin de pouvoir assister mon homme. J’ai pris la sableuse électrique pour remettre l’hélice a son état original. J’ai participé activement à quelques travaux et j’étais fière de moi. Je m'implique de plus en plus...C'est tellement important de former une bonne équipe!





Le retour à l’eau s’est bien passé. Sur l’eau c’est plus frais heureusement. De plus, loin de la terre il y a moins de moustiques, nous n’avons pas les lampadaires qui nous envoyaient de gros spots dans les hublots (!), et on retrouve enfin notre intimité. La proximité dans un chantier maritime est inévitable alors le retour au mouillage fût un soulagement pour tous. Nos bateaux sont faits pour être sur l’eau et on préfère nettement le léger bercement de l’eau sous la coque que de grimper sur le bateau qui est fixé sur des pattes en hauteur.

Par contre, un grand travail de nettoyage fût nécessaire. Un chantier maritime est toujours rempli de poussières. Alors nettoyage du pont, des fenêtres et moustiquaires, des coussins, du bimini, ça nous a pris plusieurs jours pour remettre Ambition 1 à notre goût. Je dirais plus au goût du capitaine, qui est beaucoup, beaucoup plus exigeant que moi sur la propreté! C’est le capitaine qui passe le plus de temps à frotter son bateau que je connaisse. Il a une réputation de grand travaillant et il se fait souvent taquiner par les autres navigateurs. Notre bateau est toujours impeccable et fait l’envie de plusieurs. Mais à quel prix… Il dépense beaucoup de temps et d’énergie à maintenir un bateau comme neuf. Par contre j’apprécie vivre dans un bel environnement, propre et accueillant. Stéphane est un peu excessif à ce niveau mais il est comme ça et on ne le changera pas... 

7 juin

On a quitté Carriacou pour un dernier arrêt de 2 jours a Ronde Island (notre fameuse île déserte!) et ensuite se diriger vers la grande île de Grenade. La coque fraîchement nettoyée et peinte est tellement lisse que nous avancions à une vitesse hors de l’ordinaire. Nous étions impressionnés de voir une vitesse constante a 8 nds et plus lorsque habituellement on avance en moyenne à 5-6 nds!


Il y a 100,000 habitants a Grenade et la capitale est St-Georges. Jolie ville, nous avons été agréablement surpris. Elle offre une bonne infrastructure en réapprovisionnement de pièces de bateau, de quincaillerie,  de bouffe. Elle est plus riche que bien des villages vu dans les Caraïbes, et les Grenadiens semblent plus éduqués, mieux habillés, toujours polis, courtois et de bonne humeur. La promenade entourant la baie est jolie et la ville grouille de monde. Il y a de la vie ici! Une université ainsi qu’une école secondaire sont à proximité alors on voit plusieurs jeunes à la sortie des cours fréquenter les restaurants ou les épiceries. La saison touristique est terminée pour l’été mais on voit que l’industrie fait bien vivre cette île. Il y a plusieurs resorts et maisons à louer. On a discuté avec un homme travaillant dans la construction. Il y a plusieurs chantiers résidentiels et commerciaux en cours sur l’île et ça fait travailler bien du monde. Tant mieux!








Grenade est aussi une île verdoyante, avec plusieurs chutes et une belle forêt tropicale. La nature généreuse permet une agriculture locale abondante. Il y a beaucoup de bananiers, de cocotiers, de manguiers et toutes sortes d'arbres fruitiers mais ce qui est typique d'ici sont les noix de muscade. On peut facilement se déplacer en petits autobus, partout sur l'île. Mais se qu'on apprécie est de faire du pouce. On rencontre des locaux et ça nous donne l'occasion de discuter avec eux. Ils sont très généreux avec nous.






















Nous avons eu la chance d’être invités par un couple de québécois qui vit ici depuis 2 ans à participer à nos premiers HASH. Un HASH est un événement sportif populaire partout dans le monde mais particulièrement à Grenade. Cette activité se tient à tous les samedis, dans un endroit différent sur l’île, et convie les locaux comme les étrangers à une course de 5-6 km qui fait découvrir des endroits rustiques, en campagne, hors des sentiers battus. On part tous ensembles, certains à la marche, d’autres à la course, et on suit un chemin balisé spécialement pour l’événement. On nous fait passer par des chemins étroits et accidentés en montagne, par quelques rivières (les pieds dans la l’eau!) par des chemins qui traversent des fermes, des forêts de cacaotiers, de bananiers, de manguiers et autres, par un sentier qui contourne un ancien cratère de volcan avec son petit lac au centre, bref on est dans un décor très diversifié et surtout typique de Grenade. Les participants (près d’une centaine), sont d’origines et d’âges différents, de classe économique différente, de niveau sportif différent, mais c’est une rencontre ou tout le monde a du plaisir et se parle. Au final, il y a de la bière, un grand BBQ avec de la bouffe locale, de la musique qui crache à tue-tête, et tout le monde embarque dans cette atmosphère unique. On a même eu droit à un petit spectacle de jeunes garçons aux tam-tams et de jeunes filles à la danse traditionnelle. Nous avons fait 2 parcours différents et on se sentait privilégiés de participer à cette activité. 







21 juin

Ce matin, nous avons quitté la baie de Grande-Anse, près de St-Georges, pour aller dans Woburn Bay, plus au sud. C'est ici, a la marina Whisper Cove, qu'on se prend un mooring (une bouée) et qu'on laissera le bateau bien a l'abri, pour un séjour au Québec. Nous devons sécuriser le bateau, démonter le bimini et dodger, nettoyer et rentrer tout ce qui est dehors qui pourrait prendre dans le vent, ou qui pourrait se faire voler. On doit remiser le déssalisateur, vider le frigo, et tout mettre en oeuvre pour laisser notre Ambition tout seul, pour la première fois! La saison des ouragans commence plutôt en août et on devrait avoir les meilleures conditions possibles pour ce remisage mais nous sommes quand même un petit peu inquiet. Malgré que les gens de la marina ont un oeil sur notre bateau pendant notre absence, il peut toujours arriver quelque chose. Notre maison, ainsi que tous nos biens, sont accrochés au bout de cette corde... Imaginez votre maison, suspendue a une chaîne dans les airs, a la merci des éléments...C'est ce que nous vivons au mouillage ou au mooring!

On quitte pour le Québec samedi, le 23, et on devrait revenir le 30 juillet. Nous avons les préparatifs du mariage a faire, plusieurs proches et amis a voir, ainsi que différents rv personnels. Je me sens fébrile de revenir. Après un an, j'ai hâte de revoir mon monde. Et nous avons hâte a la belle journée que sera la célébration de notre mariage! D'un autre côté, j'appréhende, car revenir chez moi c'est me remettre dans un deuil immense et inévitable. La distance que j'ai avec le Québec me permet une certaine distance avec ma perte. Revenir me replonge toujours dans ma peine. Mon fils me manque tellement... Mais je m'encourage car j'ai avalé plusieurs bouchées de mon éléphant jusqu’à maintenant, il en reste moins a prendre...



jeudi 17 mai 2018

Les sargasses





Les sargasses

Je dois vous parler des algues sargasses, qui deviennent un vrai cauchemar pour les Caraïbes. Les sargasses sont des algues orange, qui flottent sur de très longues distances en mer, et qui sont en train d’envahir les côtes et les plages partout ici. C’est désolant! Depuis 2010, c’est la 3e fois qu’il y a une invasion mais cette année est particulièrement massive et cause une crise sévère.

La mer de Sargasses, région abondante de ces algues dans l’océan Atlantique, fût découverte par Christophe Colomb. Ca ne date pas d’hier. Mais le réchauffement des eaux partout sur le globe, combiné à la pollution dans le Golfe de l’Amazonie (causée par des déversements d’eaux polluées!), ont fait bondir la prolifération de ces algues depuis 2010. C’est très préoccupant!

Depuis 1 an, nous avions l'habitude d'en voir flotter en navigation pendant nos longues traversées. Quelques algues éparpillées au départ, elles sont devenues graduellement des longues lignes qui se déplacent et qui sont maintenant des grandes marres qui font plusieurs mètres carrés et toujours de plus en plus fournies et épaisses. Le seul impact pour nous était qu’on pouvait de moins en moins mettre la ligne à l’eau et on résignait à ne pas pêcher des mahi-mahis ou des thons.

Mais cette année, l’ampleur du problème est en train de causer une catastrophe autant pour l’environnement, l’économie que pour la santé des habitants des îles des Caraibes. Ces algues empoisonnent et tuent les coraux qui nourrissent les poissons, et empêchent les tortues d’aller se nourrir. Du Mexique en passant par Cuba, et tout l’arc Antillais, des milliers de kilomètres se retrouvent envahis par des échouages quotidiens d’algues orange. Les plages exposées à l’Atlantique, sur les côtes est et sud, sont maintenant impraticables. Les touristes cancellent leurs voyages, les restaurants se vident, les bateaux restent pris dans ces mers d’algues. Nous avons quitté la Guadeloupe à temps car les mêmes mouillages ou nous avions été avec mes amies en janvier sont inaccessible aujourd’hui.  Les traversiers ne peuvent même plus venir aux Saintes ces jours-ci, à cause des algues. C’est vraiment dommage! C’est sans compter les odeurs nauséabondes qui causent des problèmes de santé pour les locaux. Lorsque ces algues se décomposent sur les plages, elles dégagent une odeur d’œufs pourris et c’est toxique. Les îles les plus riches ramassent, par milliers de tonnes, les algues à chaque jour et en font du compost. Mais la plupart des îles n’ont pas les moyens de payer des gens pour le faire, et pas les outils nécessaires pour en dispenser.

Je vois dans les journaux français des articles récents sur le phénomène car plusieurs touristes français viennent dans leurs iles Antillaises et sont tous préoccupés. Je ne sais pas si nous verrons ces algues plus au sud, dans les Iles ABC ou nous naviguerons à l’automne, ou sur la côte du Panama ni dans le Pacifique dans quelques mois, mais je suis très touchée par ce qui arrive. Surtout en sachant que c’est causé par l’activité humaine!!!  

Voici quelques photos afin de mieux comprendre le phénomène.










Les mouillages

Les mouillages!

Je prends le temps de vous écrire sur les mouillages car c’est une manœuvre d’une grande importance et aussi, un sujet délicat… Il est très important de bien ancrer. Chaque soir, notre sommeil et notre sécurité en dépendent. Il est primordial de jeter l’ancre au bon endroit afin de sécuriser le bateau pour ne pas chasser (partir à la dérive car l’ancre ne tient plus dans le fond). On doit trouver la bonne baie et ensuite le bon endroit dans la baie pour éviter le plus possible l’effet de roulis venant du large. On doit surtout bien évaluer les distances avec les autres bateaux pour ne pas être trop proche, et analyser le vent qui peut nous faire virer de bord. Bref c’est sérieux!

C’est un sujet parfois délicat car ce sont les seuls moments ou, comme bien d'autres couples navigateurs, on peut se chicaner…Pas à chaque mouillage évidemment, mais c’est un sujet à risque! 

On a développé une bonne technique, et une bonne communication, qui rendent les choses efficaces. Il est au guindeau à l’avant pour jeter l’ancre et je suis à la barre et au moteur.  On a nos signes pour diriger le bateau, pour reculer pendant que l’ancre descend et laisser la chaîne s’allonger au fond, pour donner du gaz afin de bien faire rentrer l’ancre dans le fond. Je trouve difficile de tenir le bateau face au vent lorsqu’il y a beaucoup de vent, il part de tous les bords. Je trouve difficile de bien évaluer les distances lorsque je suis dans le cockpit et lui, debout sur le devant du pont.
Mais choisir l’endroit parfait est encore plus difficile. On n’a pas toujours la même vision des choses. Stéphane tergiverse, analyse, hésite, et pour ma part, je m’impatiente. Il faut que je prenne mon mal en patience et attendre ses ordres… un défi pour moi! Ensuite il peut arriver que l’ancre ne prenne pas. Le fond est trop dur par exemple. On doit recommencer et ceci met mon capitaine dans tous ses états. J’ai beau lui dire que ça arrive à tout le monde, que ce n’est pas grave et qu’on peut changer de place, on dirait qu’il le prend comme un échec à chaque fois! J’ai vu des navigateurs expérimentés se reprendre à plusieurs fois avant de bien ancrer. Mais Stéphane voudrait toujours réussir du premier coup, ce qui cause de la frustration de sa part...  L’ancrage, même après presque 3 ans à le pratiquer régulièrement, est toujours un court moment de stress. Il nous est arrivé de chasser…Il nous est arrivé de voir d’autres bateaux chasser sur nous ou même partir au large… Il nous est arrivé de demander à des capitaines de se déplacer car leur bateau était trop près de nous. Il nous est arrivé souvent de rouler toute la nuit car le roulis du large (du swell) entrait dans la baie et faisait balancer le bateau de gauche à droite, tellement qu’aucun verre ne pouvait tenir. Il nous est arrivé que notre chaîne s’entortille autour d’une grosse roche et que mon capitaine doive plonger a 20 pi de profond pour aller déprendre la chaîne coincée. Il nous est arrivé d’être très proche du fond et d’avoir peur d’échouer. Alors vous comprenez que c’est du sérieux!


Les seuls qui ne semblent pas prendre ça au sérieux sont les navigateurs sous pavillon français! On les reconnait comme de grands navigateurs, avec beaucoup d’expérience. Mais comment se fait-il qu’ils prennent cette manœuvre tellement à la légère! Les seuls qui arrivent à toute vitesse dans un lieu de mouillage, qui jettent l’ancre pendant que le bateau avance encore, qu’ils jettent toute la chaîne dans un 'tapon' et attendent que le vent fasse son travail de faire reculer le bateau comme il faut, qu’ils ne s’assurent pas que l’ancre soit bien rentrée dans le sable, et qu’ils partent à terre dès le moteur coupé, ce sont les français! On ne comprend pas. Nous qui malgré toutes les précautions adoptées, on prend le temps de plonger à l’eau et d’aller voir de nos propres yeux si l’ancre est bien rentrée dans le sol!  

Voilà notre quotidien avec le mouillage. Et chaque île, chaque endroit visité, chaque déplacement, on revit cette situation! 

Les Grenadines


St-Vincent-Les-Grenadines

22 avril

Bequia

Au lendemain du départ de ma belle-sœur, on a pris la mer, longé la côte Est de l’ile de St-Vincent, du côté Atlantique, pour se rendre jusqu’à l’île de Bequia (48 MN avec un SE, vent de face, obligé de faire du moteur…).  St-Vincent-Les Grenadines est une autre ancienne colonie Britannique devenue indépendante. Ce pays est composé d’une grande île principale, St-Vincent, et de nombreuses petites îles plus au sud. Nous avions lu qu’il était non sécuritaire de s’arrêter à St-Vincent, les habitants étaient très inhospitaliers (voir même voleurs) avec les touristes. C’est dommage car la nature semble tellement belle et généreuse avec ses montagnes verdoyantes, mais on a passé tout droit. 
La baie principale de l’ile Bequia (prononcé Béquoué), est Admiralty Bay qui donne sur le très joli petit village de Port Elisabeth. La rue centrale comporte plusieurs jolis cafés, terrasses et boutiques avec un charme caribéen qu’on aime bien. Les épiceries offrent un bon approvisionnement, mais à prix exorbitants… On s’ennuie déjà de la Martinique pour ça. Nous y sommes restés 5 jours et avons pris le temps de marcher du nord au sud de l’ile. Cette île abrite moins de 5,000 habitants, sur 18 km2. 





Nous avons été visité un sanctuaire de tortues, créé il a 24 ans par un homme blanc né ici, ancien pêcheur et navigateur, qui voulait ‘redonner au suivant’. Un monsieur de plus de 80 ans, super intéressant à écouter parler, et qui vit par les dons des gens qui passent voir son sanctuaire. Son œuvre est de protéger l’espèce en les aidants à mieux se développer dans un milieu beaucoup moins menaçant, et permettre de se rendre à maturité pour mieux être relâcher en mer et être en mesure de se défendre. Les tortues viennent pondre sur la plage à côté du sanctuaire et tout est en place pour protéger les bébés dès que les œufs écloront. Quand on sait que seulement 1 œuf vivra jusqu’à l’âge adulte sur les milliers d’œufs pondus… Les autres étant mangés par les oiseaux et les poissons… Une tortue se laisse flotter 5 ans avant de pouvoir nager en profondeur. Elle se nourrie que de méduses pour cette période. Ensuite, lorsqu’elle peut nager plus profond, l’espèce la plus courante ici est herbivore mais une autre race se nourrie de poissons. Nous avons appris entre autre que les tortues prennent 25 ans avant d’être adulte et de pouvoir procréer. Que les femelles pondent leurs œufs exactement à l’endroit où elles sont nées. C’est pourquoi les bénévoles et le fondateur de l’endroit sont bien existés car l’an prochain, les premiers bébés nés sur leur plage et dont ils ont pris soin, reviendront pondre ici! Ce fût une belle visite!






Canouan

A 20 MN plus au sud, on retrouve l’ile de Canouan. On a mouillé dans 2 baies différentes, Mahault Bay au nord, et Grand Bay au sud. On y a découvert de magnifiques plages, mais le petit village de pêcheurs manquait d’attrait. C’est pauvre, mal entretenu, les gens n’ont pas de travail, ça traîne dans les rues, c’est triste… A peine 1,700 habitants vivent sur cette petite île de 8 km2.





Les Tobaco Cays

C’est un ensemble de 5 petites îles inhabitées, situés dans une réserve marine protégée. Nous y avons redécouvert les eaux turquoises et cristallines vus aux Bahamas, à notre plus grand enchantement. Ces iles presque désertes (à part un petit resto sur la plage qui offre des BBQ aux touristes) sont entourées de récifs de coraux, qui coupent les vagues mais qui nous exposent aux vents, donc pas de roulis. L’ancre tient bien, l’éolienne fonctionne à plein régime, on aime ça! Nous avons plongés sur les récifs et ce fut de beaux spectacles! Les coraux multicolores sont fabuleux, et la faune marine généreuse. Malheureusement, interdit de pêcher ici encore une fois…













Mayreau

Petite île comptant à peine 270 habitants qui vivent sur 2,5 km2. On a marché facilement l’ile au complet, ou on comptait plus de restaurant que d’habitant dans cette minuscule île! Plusieurs petits bar-restaurants sur le long de la rue principale, mais aucun client… vide… Une autre observation qu’on a faite partout dans les Grenadines est de trouver des Resorts de luxe magnifiques, bien aménagés, sur de belles plages, sans touristes… A peine une poignée de clients sont servis sur des terrasses pratiquement vides, et des plages désertes. On ne comprend pas comment ces hôtels et restaurants font pour vivre.








Petit-St-Vincent

Une très petite île privée appartenant à un autre Resort presque vide! C’est là qu’on avait donné rendez-vous à nos chers amis André et Sophie de Frimousse. Nous nous étions quitté le 14 janvier en Martinique. Nous allions vers le Nord, et eux se dirigeaient vers le sud. Ils ont profité de la Martinique beaucoup plus longtemps que nous, et ils ont eu plusieurs invités à leur tour. Ils étaient à Grenade avec la sœur de Sophie et sont remontés pour passer 2 jours avec nous. Quel bonheur de les revoir! Tous les 4, nous étions sincèrement très contents de se retrouver! Nous avions tellement de choses à se raconter! On s’est organisé de beaux soupers ensemble avant de se revoir dans 2 semaines a Cariacou. Ils retournent à Grenade reconduire leur invitée et reçoivent un autre couple d’amis avant de remonter à nouveau à Cariacou pour les travaux prévus à la fin du mois.


Union Island

Dernière île des Grenadines avant de traverser vers Grenade, qui comprend l’île de Cariacou. La petite ville de Clifton offre de petites épiceries, des marchands de fruits et légumes, et même une boulangerie. Les prix sont toujours aussi exorbitants mais on est satisfait du choix de produits frais. Nous sommes ancrés devant la presqu’île de Fregate. C’est un petit paradis pour le kitesurfing. Mon homme s’en donne à cœur joie! Ayant tout notre temps devant nous, on a décidé d’y rester plus d’une semaine pour qu’il en profite quotidiennement. Il s’améliore et je le trouve toujours aussi hot! Il pratique ses sauts et ses changements de bord, et moi je vais à sa rescousse avec le dinghy en cas de besoin ;-). Il est heureux comme un petit gars! Et moi je nage, je lis, je cuisine et je suis bien.
Nous avons du bon vent à chaque jour! En fait tout l’hiver il y a eu du vent constant à 15-20 kts, parfois à 25 kts avec rafales à 30 kts. Partout et en tout temps! Je me rappelle qu’au Lac Champlain, ou même aux Bahamas, on ne sortait pas par un vent de 25 kts. On trouve ça beaucoup moins stressant maintenant et ça ne nous empêche pas de se déplacer d’une ile à l’autre. C’est fou comme l’expérience rentre, progressivement. On en prend soudainement conscience!







Prochaine destination Cariacou!